Recueil des actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France : Tome 10
911 Des Droits du Pape dans la collation 914 Ainti apr~s avoir montré que le Pape Sous Confhntin le GrJnJ, on com– n'a pu Jccorder aucunes provilions avJnt mença à donner des hérirages aux égli– fon couronnement, il faut maintenant fes; les évêques même en achetaient de faire voir que même il ne l'a pas dû, & l'argent de leur C:pargne, afin que la chi– que ne l'ayant point fait, il n'a point rité des Chrotiens venant à fe refroidir• violé les libertés de l'Eglife Gallicane. les ecclélialliques eulfe~r de quoi fubtir– mais qu'au contraire il les a confervées ter; & nous voyons en etfet, que dans en leur entier: pour cela. il faut établir ce quarrieme liecle l.:s revenus des hé– en quoi conlillent le droit & les libertés riuges de l'églife faifoient une partie de l'Eglife Gallicane. du bien des clercs. Il elt certain que la république Chré- Alors l'évêque, dit le can!Jn lf· du tienne ell gouvernée par deux chefs qui concile d'Antioche, recueilloit les fruits font le facerdoce & l'empire. Ainli le des terres & les offrandes des Chrériens; droit du royaume & les libertés de l'E- il les dilhibuoit aux clercs pour leur glife Gallicane onr pour fondement la nourriture & leur entretien par l'avis des puilfancc cccléliallique & I~ puilfance prêtres & des diacres. Depuis on établie royale; & celle maxime fe trouve éta- un économe pour la difµenfation de ces blie fur !J difµolirion d'un concile tenu mêmes revenus, & cet économe en re11- à Puis en occc. xx1x. dont voici les doit compte à l'évêque. Telle ell la dif– termes: Principaliur ùaque 101iu.r fa.•84 polition du concile d'Antioche, canon Dei eccleji4 corpus in duas eximias rer- 1 f· & 16. & c'ell ce que les E1npereurs for.as, in J:icadoca/em videlictt f.• rega- on pareillement ordonné, comme il pa• lem, ficut à janifis P.icribus accepimus, roît au code, DeEpifcopir& C/ericis, & divifam cffe llovimus. Dell vient que les pu le fecond concile de Sevi lie, chap. 9. libertés Gillicanes ne font autre chofe Le quarrieme concile deTolede, chap. que l'obfcrvltion des canons & des or- 47. & Grégoire le Grand, livre 1. ép1- donnances des Rois : or la contellation rre 21. & livre 9. épitre 66. ordonnent a été grande entre les écrivains pour fa- la même chofe. Zonare néanmoins écrit voir de quels canons on entend parler; que de fon temps cela n'avoir point lieu mais la commune opinion & Il plus cer- en Orient; & un célebre hillorien de ce taine, ell, que cela fe doit entendre des ficcle obferve que cet ufage celfa aulli en anciens canons des Apôtres, & de ceux Occident, lorfque les évêques & les cha– des premiers conciles, tels que font les pitres firent enrr'eux le partage des reve– canons du concile de Nicée, comme le nus de l'églife. Quoi qu'il en foit, il ar· rapporte M. l'EchaOiers en fon rraité rivoir quelquefois, dit lhronius, que qu'il a fait des libertés de l'Eglife Gal- l'évêque au lieu de dilhibuer les revenus licane. Ceh préfuppofé, il fauc exarni- de l'églifeaux clercs de temps enremps, ner maintenant quel était pu ces an- donnoit le revenu d'une ceruine églife ciens canons le droit du Pape, & celui à un clerc pour en jouir fa vie durant. de l'Eglife Gallicane touchant la cplla- L'on appelloit cette grlce un bénéfice; tion des bénéfices. & c'ell·là l'origine des bénéfices, felon ,Les hiiloriens demeurenrd'accord, que le fentiment de Buonius. li ell donc cer– pendanr les trois premiers liecles on ne tain, que par ces anciens canons des con– favoit ce quec'éroit que bénéfices, alors ciles, jamais les Papes n'ont prétendu les clercs ne vivaient que des offrandes avoir droit d"fligner aux prêtres de cer– des Chrétiens. S. Irénée remarque que taines oglif,s, ni de leur dillribuer au– ces otfrandcs étoient li grandes qu'elles cur.s revenus hors le diocefe de Rome. cxcédoient Li dixieme partie du revenu Ce droit appartient à chat]UC évêque d'un chacun: & la raifon pour laquelle d1ns fan diocefe, tous en onr eu la dif– l'eglife n'avait point d'autres revenus polition libre & enriere pendant plu– que ce qai provenait de la libéralité des lieurs iieclcs; mais enfin les Pap~s fe font Ji,leks, efl, que par les loix romaines il ·attribué ce Jroit qui était acquis auJC n'éraie pls permis de donner à un col- ordinaires par ces anciens car.ons des legc ou à une communauté défendue, conciles généraux; & voici quels ont telle qu'éroir alors l'Eglife chrélÎenne été les progrés de ce nouveau droit. qllc les paycns avoient en horreur. ' Les Pape5 recommandaient Couvent http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr/ [YM-54-10] Corpus | Histoire de Provence
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