Recueil des actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France : Tome 10
• 9 1 1 D(s Droits du Pape dans la collation 9 11 avant fon élcll:ion: il efi vrai néanmoins nement des Papes tel qu'il re pratique au– qu'on a communiqué des provifions don- Jourd'hui; auffi ne s'agir-il point en cette nées par Urbain VIII. dans l'intervalle caufe de cecce figure de mécail dont les de fon éleétion & de fon couronnement; Papes ont voulu dans la fuire des temps mais cet exemple confirme que le Pape orner leur front, mais on précend qu'il y ne peut dans les regles accorder des pro- avoit outre J'éleétion une folenrnicé donc vifions avant qu'il foit couronné. par- le couronnement ell J'image, fans laquel– ce qu'Urbain VIII. fut obligé de déro- le ceux qui étoient élus ne Ce difoieni: ger à cet ufageJ.ar un bref exprès. Il ell peint Papes. & n'étoient point reconn~ donc conllant Jns le llyle ordinaire de pour tels dans l'églife. Cccre cérémonie la cour de Home qu'on expedie & ne s'appelloit inrronifation. parce que le date aucunes provifions que du jour du Clergé & le peuple portaient le Pape él11 couronnement: il faut maintenant faire au patri>rchat de Latran, ou dJns quel– voir que ce llyle ell fondé fur le droit de qu'autre églife; & là l'ayant élevé fur une l'ancien ufage de l'églife. efpece de trône , ils k proclamoie11c Il y a contellation entre les écrivains, pour Pape, & au même temps il com– pour favoir fi la couronne ell une mar- mençoit (on pontificJt , en donnant l:r. que de la puiffance féculiere, ou fi c'ell paix Jll Clergé & au peuple. Cerre in– )e titre de l'autorité eccléfiallique; mais troni fa ri on s'cil toujours obfervée juf– fans entrer dans cette difcuffion , on qu'au remps même de Grégoire IV. c'ell– demeure d'accord que la couronne ell à-dire en 827. & c'ell de quoi Anallafele Je titre le plus certain du droit de J'em- Bibliothécaire , & I3aronius , rendent pire & de la fouveraineté ; de-là vient un fidele témoignage. ()n ne voit pas que .que les Empereurs ne commençoient dans ces premiers commencemens on leur empire que du jour du couronne- joignît la couronne à J'intronifation • ment: Diu coronationis ,dies dicirur im- cela ne paroît avoir été pratiqué que dans perii , nec diciwr lmperator nifi corona le huirieme fiecle ; mais depuis cc remps– faJ:tpta, dit la glofe fur la date du (ex- là on couronna les Papes en les introni– te. Et !'Empereur Jullinien décide la fant, & alors on appel la couronnement. même chofe dans la loi , Bene à Zenont, ce qui n' étoit en effet que la cérémonie au code, dt quadritnn. pr.fcript. Ce cou- de l'intronifation. Ce couronnement & ronnement a toujours éré fi effentiel , toujours été. confidéré par les Papes• que plulÏeurs doéteurs ont ellimé que comme le titre le plus glorieux de leur J'Empereur n'avoit coure fa pui!l'ance pouvoir dans l'églife; & delà vient que que du jour de cette cérémonie. Cha(- quand ils ont voulu communiquer cette fannée, in cacalog. g!or, mund. part. f· puiffance il !eue vic1ires, ils leur ont en– confider. 29. dit que c'ell ce qui donna voré leur mitre ou leur couronne; & lieu à cette contellatlon fameufe, entre: c'eil ainfi qu'il faut imerprérer ce moc le chancelier du Prat & le chancelier de de Phrygium , qui dans les hilloriens Charles· Quint. Ils fe rencontrerent tous s'entend de l'une & de l'autre. Grégoire lieux i Calais; le chancelier de France VII. envoya (a couronne à Anfelme ·.• prétendit le pas fur celui de !'Empereur, qu'il avoit fait fon vicaire général ell & il fe fondait fur cette feule raifon , Angleterre : & faint Bernard dit • qu'In– que Charles Quint n'étoit pas encore nocen't II. fit la même chofe à Mala– couronné. Quoi qu'il en foit, les Papes chie, qu'il avoit fair fon vicaire géné– i:>nt fuivi cette opinion: ils ont préten- rai dans toute l'Hibernie. Ainfi cette du que les Empereurs ne commençaient cérémonie ell abfolument néceff;iire ; leur empire, & n'avoient_ aucun pou- fans elle le Pape n'a point de puitfance; .voir que du jour qu'ils avaient été cou- c'ell une confirmation de fon éleétion; roanés, fuivant le fentiment de l3aro- par elle il commence (on ponrificat • nius. Et c'efi un argument qu'on peut & il ell reconnu pour le chef de l'é– rérorquer conrr'eux , puifqu'auffi-bien glife univcrfelle ; en un mot. avant le que les Empereur:;, ils font fujetsau cou- couronnemen; , la France ne doit pas ronnemenr. demander de graces à Rome, puifquc JI ell vrai que d1:is la primitive égli- nous jouiffons pendant ce temps-là des [ç, on ne connoiffoit point le couron· ·liberfés qui nous font acquifes par le droit http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr/ [YM-54-10] Corpus | Histoire de Provence
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