Guy Carron : Les confesseurs de la foi dans l'église gallicane à la fin du dix huitième siècle : tome troisième

( 568 ) con1n1e pour recevoir une grâce; et quand on lui eut prononcé son arrêt: cc Je vous re1ner– » cie, citoyens juges , s'écria-t-il ; vous me )) procurez Je bonheur après lequel je soupire >> depuis long-ten1ps. Oui, ce jour est le plus n beau de ina vie, puisque j'ai la consolation >> d'avoir réparé ma faute, et de la pouvoir >> laver dans n1on sang ». Tout l'auditoire fondoit en larn1es, et les sanglots éclatèrent, lorsque, se tournant vers le peuple, il ajouta: « Et vous, mes frères, que » j'ai eu le malheur de scandaliser par un aveu . , . \ >> qui repugno1t a n1on cœur, vous n1e par- )) donnerez ce scandale, que je vous ai donné » involontairen1ent : car je dois le dire pour » n1a justification, je le dois pour conserver >> votre esti1ne, qui n1' est précieuse. Non:, ce }) n'est point la frayeur de la mort qui m'a porté » à feindre u11 n101nent : n1a seule crainte étoit » alors celle de voir con1mettre un crime, et » n1es juges tremper leurs inains dans mon )) sang; mais je ne dois point n1e perdre pour » les sauver. Oubliez donc ina faute, pour » i1e vous rappeler que n1on repentir ». Il par– loit encore, et déjà les juges avoient quitté leur 1 rihunal, et les soldats I' entrainoient vers la • prison. e-Médiathèque | Histoire Provence | YM_74 (3)

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