Guy Carron : Les confesseurs de la foi dans l'église gallicane à la fin du dix huitième siècle : tome troisième
( 189 ) le serviteur de Dieu étant encore à jeun j on lui offre un peu dp vin pour ranin1er ses forces, et il dit e11 le refusant : « Nort biba1n à 1nodo de hoc genùnin,e 11.Jitis_, donec biba1n illud vobiscu1n no~nun in regno patris mei n. Il adressa quelques n1ots en secret au guide de sa conscience, en1brassa de nou-– veau ses a111is, et descendit avec fern1eté, pour se livrer à . J'exécuteur. Tandis que ce– lui-ci lui coupoit les cheveux, le dépouilloit de ses habits, lui lioit les mains derrière le dos, les concierges fondoient en larn1es, et lui continuoit d'invoquer le ciel; le n1ouve– n1ent de ses lèvres et so11 visage enflan1n1é annonçoie11t l'ardeur de sa prière. On vou– lut le faire n1onter dans la voiture qui ] ui étoit . préparée : « Non, non, répondit - il , » Dieu Ine soutiendra; j'irai à pied ,, . Il s'avança d'un pas ferme et rapide, et tout le · monde paroissojt frappé d' aru11iration. Il 111ar~ cha entre la charrette et son cercueil ; 011 pouvoit le conduire par un chen1in p1us court, i11ais on lui fit parcourir un den1i-cercle; il traversa la rue des Verg-eaux~ et, presque à la vue de l'instrLn11ent fatal, aperçut dans la foule une personne de sa connoissance; il la salria e-Médiathèque | Histoire Provence | YM_74 (3)
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