Guy Carron : Les confesseurs de la foi dans l'église gallicane à la fin du dix huitième siècle : tome troisième

( 181 ) bats' en étouffoit la voix importune .. un air plus. sombre et plus pensif qu 'à l'ordinaire, laissoit apercevoir cette agitation intérieure; alors, qu'on lui . tlt des questions snr so11 état, il répondoit en ,soupirant, n1ais · avec ]a douceur du juste : c< l\'Iaintena~1t je suis )> vrai1nent avec Jésus -Cht"ist au jardi11 des u Olives >>. Ce trouble duroit peu; lorsqu'il parloit, la nature étoit déjà vaincue; bien– tôt après il s'entretenoit du bonheur qui fai– soit l'objet de ses désirs et de ses espérances : tantôt, empruntant les paroles de Job, il di– soit : c< Je sais que n1011 réde1npteur est vi– " vaut, et que je ressusciterai dans cette n1ê– ., me chair. Qu'est-ce que la vie de l'hon1me? )> une on1bre; je l'abandonne sans regret ». Tantôt, plein de confiance dans la 111iséri– corde divine; et consolé par le souvenir de ses travaux et de ses peines, il disoit avec une sorte d'a~sura11ce = cc Qu'ai-je à craindre? Dieu » est fidèle dans ses pron1esses; il sait que j'ai n conservé la foi: s'il juge à propos de ter111iner '> ma course, je suis prêt à obéir; mais j'ai con– )) fiance qu'il n1'accordera la couronne après )> laquelle j'ai si long-te1nps soupiré >>. Dans sa jeunesse, rien ne lui avoit causé _plus de plai~ e-Médiathèque | Histoire Provence | YM_74 (3)

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