Guy Carron : Les confesseurs de la foi dans l'église gallicane à la fin du dix huitième siècle : tome troisième
( 160 ) n'est pas étonnant que le juste se 1nontrât si bien aguerri contre les outrages de ses persé– cuteurs. Plusieurs fois avant cette époque, il avoit bravé leur ressentin1ent. Un bataillon d'l1on1n1es arn1és, lorsqu'il n'étoit point en– core enlevé à son église, en a voit ôté tous les bancs, pour en faire un a.uto-da-fé, et vouloit forcer le bon curé d'y n1ettre le feu. Opposant un cour age _inébranlable à leurs outrages im• pies et · à toutes leurs menaces, il avoit fini par leur dire, levant les yeux au ciel et se vouant à la n1ort: c< Je vous livre n1on corps, )) 111ais i11on an1e est à Dieu n. Le chef de la -troupe, frappé de ce sang froid héroïque, en1- pêcba qu'il ne fût immolé. Dans la prison, le hon curé continua d'o– pérer tous les genres cle bien qui furent en son pouvoir; il consacra ce <1ui lui restoit d'ar.. gent à procurer des lits et autres objets néces– saires, it tous les prêtres qu'on renfern1oit dans cette n1aison, surtout aux ecclésiastiques étran· gers, qui y venoient dépourvus de tout n1oyen de subsistance. Goûtant dans 1a prière et dans les divers exercices spirituels, une paix inef· .f~bJe, il n~iuterron1poit ses bonnes œuvres ex-. térieures qùe pour s'entretenir avec Dieu dans la e-Médiathèque | Histoire Provence | YM_74 (3)
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