Guy Carron : Les confesseurs de la foi dans l'église gallicane à la fin du dix huitième siècle : tome troisième
( 159 ) >> les prisons d'Agen. Je ren1ercie le .Seigneur » de . la grâce qu'il me fait de soufli·ir, la n1ên1e " se111aine où il a lui-n1ême enduré sa passion; ' ' je regarde cette ressen1blance comn1e une ,, grande faveur >). Dès qu'il f nt arrivé aux prisons d'Age.n, on l'établit, avec son domes– tique, dans une pièce attenante aux latrines, qui n'avoient point de porte, et où tous les détenus étoient obligés de se rendre conti- 11uellement. L'infection devint insupportable, et le bon Etienne, qui, attaché depuis son c11- fance à son maître, le chérissoit c11 fils le plus dévoué, et qui , naguère encore, pleurant a111ère111ent de lui avoir survécu , le regret– toit con1n1e sa providence, Etienne se livroit, sur cette affreuse et con1n1une détresse, à la plus an1ère désolation : « 1'lais, tant i11ieux, >) Etienne, lui disoit 1\1. Babic, tant n1ieux si » nous souffrons, car c'est pour Jésus-Christ )) .: L'autre ne cessant de pleurer, il ne cessait, lui, pour le consoler, de lui parler du bo11-. lieu r des saints. Après qu'ils eurent passé trois jours dan.s ce réduit, un des inspecteurs des prisons, tou– ché de con1passiou, vint les arracher à. cc genre de supplice, en · les plaçant ailleurs. Il e-Médiathèque | Histoire Provence | YM_74 (3)
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