Guy Carron : Les confesseurs de la foi dans l'église gallicane à la fin du dix huitième siècle : tome second

( 560 ) le Fils de Dieu alloit se rendre présent sur. l'autel, rappeloient à ces fervens fidèles les cantiques de Sion, les beaux jours de l'Église. '1,out ainsi leur i11énageoit une délicieuse illu– sion, 111ais qu'un coup d'œil jeté autour d'eux venoit détruire d'une n1anière trop doulou– reuse. Pour un instant sans doute, ils se croyoient dans le t e1nple du Seigneur, assis– tant à quelqu' l!ue de nos solennités. l\iais, 1}ro1nenant aussitôt leurs regards abattus, i1s n'apercevaient autour d'eux que des· fers, tles barreaux, des verrous. Ils voyoient une assernblée qui ne se con1posoit que de catho– liques prisonniers au 111ilieu de la France, qui n'étoient détenus que parce q.u'ils se mon– troier1t inviolablen1ent attachés à la foi de leurs pèr6S. Entendoient-ils la voix d'u11 prêtre, c'étoit celle d ' l:ln confesseur qui alloit n1011ter sut· l'échafaud, pour avoir conservé le précieux dépôt de la foi, et pour avoir adn1inistré les , sacre111ens de l'Eglise. Frappés de ces contras- tes, ils en furent saisis , conster~1és; et , lors– que l\I. Robert eut achevé son exhortation, on n'entendit plus que gén1issen1ens et san– glots., on ne vit plus couler que des torrens de larrncs. Le saiut orateur reprit la parole, pour e-Médiathèque | Histoire Provence | YM_74 (2)

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