Guy Carron : Les confesseurs de la foi dans l'église gallicane à la fin du dix huitième siècle : tome second

( 2 99 ) Christ eut à souffrir pendant son interroga– toire, qui dura deux~ heures. On l'accabla d'in– jures, parce qu'il osa parler en vrai n1inistre de l'adorable Sauveur. Saturé d'ignon1inies, il •fut envoyé en prison, et le concierge eut ordrtt de le traiter con1n1e Je deruier des scélérats, et de ne lui donner que du pain et de l'eau. On le plaça dans le réduit le plus humide, à côté d'un crin1incl qui ne cessoit de von1ir d'horribles hlasphên1cs. Cependant un curé constitutionnel lui envoya quelques rafr·aîchis– sen1ens. Peu de ten1ps après, le concierge et son épouse ayant reconnu con1bien on les avoit étrangen1ent tron1pés sur le caractère du ver– tueux détenu, se 1nontrèrent à son égard hu– n1ains et con1patissans; ils lui offrieent tous les secours qu'il €toit e11 leur pouvoir de lui ·procurer, et ils satisfirent avec en1presse111eut à la dcn1ande qu'il leur fit d'un Bréviaire et de (1uelqucs OU\ 1 rages de piété. Après avoÎ1' passé quinze jours dans la prison ·de Pontoise, il fut transféré à celle de Versailles, laissant tous ses con1pagnons d'infortune inconsolables de perdre si tôt leur an1i, leur consolateur et leur père. Pendant son court séjour auprès d.'eux, il avoit trouvé le 111oyen de prêcher·, cle con- e-Médiathèque | Histoire Provence | YM_74 (2)

RkJQdWJsaXNoZXIy NDM3MTc=