Recueil des actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France : Tome 13

·~ 1 r RemMtrance de turcs divines s'accordent en la recom– mandation de cette vertu avec les té– moignages des lettres profanes , il fem– ble que lui déférer le premier rang d'hon· neur & de dignité entre les venus hu– maines , c'ell exécuter le jugement de Dieu & des hommes. Or, MESSIEURS; s'il y a jamais eu nation 01) la gloire de cette vertu air été éminente & Jlorilfan– re, ç'a été celle fous le ciel de laquelle nous vivons. Je ne parlerai point de la renommée des Druides nos anciens fa– crificateurs , entre les mains defque!s les Gaulois avoicnr mis le dépôt de la jullice, afin de le rendre Caere & véné · ble aux peuples , pu la condition des per(onnes qui l'exerçoienr. Je ne parle– :rai point du foin & du zele que nos Rois ont apporté au maniement de la jullice, s'en rendant eux· mêmes les adminillra– teurs , & les dillributeurs , non feule– ment fous la premiere & feconde race, mais même (ous la troifieme. Je ne par– lerai point de la fplendeur de nos cours de parlemens , & particuliérement de ce grand & augulle parlement de Paris , donc Il réputation a été telle pumi les princes étrangers , qu'ils l'ont Couvent eux-mêmes pris pour juge & arbitre de Jeurs cau(es plus importantes. Il me (uf– :fira de dire que notre nation a été de tout temp~ fi célebre & Jloritîante en l'exercice de cette vertu, que les fem– :rnes mêmes des Gaulois étoient ancien– l!ement ellimées plus dignes d'adminif– trer la jullice, que les hommes de tou– tes les autres provinces; car quand An– Jtibal reçut & incorpora les Gaulois en fon armée , pour patîer aux conquêtes d'Italie; il fuc convenu , que lorfqu'il !urviendroic quelque querelle entre les deux narions; fi c'étoic les Carthaginois ciui futîenc complaignans, le jugement en appartiendroic au tribunal des Car– thaginois réfidans en Efpagne; & fi c'é– toit les Gaulois qui fe prétendilTent of– fenfés, le jugement en feroit déféré aux <dames gauloifes ; & pourtant , MEs– SIEUR ~, nos Rois ayant configné la garde & la difpenfation de ce précieux tré(or, entre les mains de votre ordre, ce n'ell point fans cau(e que·nous vous honorons & révérons non feulement comme les minilhes interpretes de The– rnis, mais comme les minillres & inter– pretes de Themis , au plus célebre & elorieux féjour qu'.elle ait fur la terre. t Eminentiffime 3 r 1' Or , Meffieurs , cette même Themis • cette même Oiré, cette même Jullicc qui vous apprend de rendre à chacun ce qui lui appartient, vous infpirera aufii dès le commencement de ces états , de rendre avant routes chofes à Dieu • à fa religion & àfes minillres ce qui leur étoit dtî ; vou> faifant imiter en cela l'exemple de ces grands légillateurs & jurifcon(ultes romains, vos précurfeurs, qui déféraient tant de rtfpetè aux cho– fes divines, qu'encore qu'ils embraf– fatîenc une faulfe religion , néanmoins pource qu'en cette foutre religion ils prétendo1ent, comme dit faine Auguf– rin , honorer h vraie déité , Dieu ré– compenfa leur zele , des graces & bé– néditèions temporelles, qui one porté au ciel la gloire de leur Empire ; car vous nous témoignâtes dès-lors, par diverfes légations , que vous nous te– niez comme vos peres, comme les paf– teurs & les guides de vos ames , & comme ceux qui veilloienc pour en ren– dre compte à Dieu : & de cela auffi par plufieurs fois , nous vous avons rendu graces & remerciemens ; mais ce qui a achevé de nous vérifier que vous pra– tiquez par effet ce que vous nous té– moignez de parole, ell la derniere oc– cafion qui s'ell préfentée : car fur la nouvelle qui nous étoit venue, que vous aviez propo(é & réfolu en votre compagnie , un article touchant la fu– reté des Rois, intitulé du nom de loi fondamentale , où il y avoir quelque chofe de religion, mêlé parmi l'intérêt de l'état, vous vous êtes laitîés perfua– der aux doéles & éloquentes remon– trances, que meffieurs les archevêque d'Aix & évêque de Montpellier vous ont faires de norre part, & de nous en donner communication, & la recevoir réciproquement de nous. C'ell pour cela, MESSIEURS, que la chambre ec– cléfiallique m'a député & envoyé vers vous ; à favoir, afin de vous remercier du re(petè qu'il vous a plu lui déférer en cetre occafion , & vous faire enren– dre fon avis, tant fur la Cubfiance, que fur les circonllances de votre article. Avant toutes cho(es donc, ?vlESSIEURS, eile m'a chargé très - expretîément de vous rendre mille graccs. & vous don– ner mille louanges , du zele que vous a1•ez eu de pourvoir avec tant de foin ~ liif11re1é de la vie & de la perfonne http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr/ [YM-54-13] Corpus | Histoire de Provence

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