Recueil des actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France : Tome 13

• JC? E112que & Comte Je Beauvais. M. DC. XIV. ~ 1 o trois ordres de cc royaume vous a ap- myllere5 de la religion chrétienne ! Ve– pellés ici. le ré~a~li~emcnt ~u fc_rvicc nez ado~er fur l'autel 5elui que le ciel de Dieu, de la d1fc1plme ecclefiat1Jque, reconnolt pour fon maure, la terre pour de l'anciennefplendeur & dignité de vo- fon Sa~veur, ~l'enfer pour fon juge : tre ordre, & le foulagement du peuple, venez a cette famte table qui fait aller la feront dorénavant le fujet de vos dé li- terre du pair avec les cieux, & la nature bérations, & delà dépendra en partie la humaine avec celle des anges. Venei; bonne ou mauvaife fortune de cet état. avec la préparation que l'on doir appor• Votre entreprife ell louable , mais trop ter _à une aaion ~ fainre , & vous en relevée pour la batTetTe des hommes, fi reviendrez combles de routes fortes de Dieu ne fe met de la partie; vous avez graces & de vertus , qui (eront heureu– imploré fon affilhnce par l'aél:ion folem- fcment réuffir vos entreprifes. nelle que vous fîtes dimanche; vous vous êtes approchés de lui par vos vœilx & vos prieres, mais ces approches font en– core trop éloignées; ce n'eft pas atTez qu'il foit auprès de vous, il faut qu'il [oit dans vous-mêmes ; c'ell l'avantage que la feule religion chrétienne peut donner par la réception du S. Cacrement de l'au– tel, à laquelle MM. du Clergé nous ont commandé de vous fupplier d'être prêts pour la prochaine fête ; vous trouverez en ce facremenr cout ce qui en né– celfaire pour faire réuilir vos .delfcin1. Que ne pourrez-vousroint polfédant ce– lui qui peut tout? (,/ue n'oferez-vous poinr, en la compagnie de celui à qui rien ne réfille' Que ne perfuadere:i:- vous point, ayant logé chez vous celui dont la parole fait Cuivre & obéir les chofes inanimées? Que nJobtiendrez·vous poi11t, étant étroitement unis avec celui au nofll duquel Dieu vous commande de deman– der hardiment, avec atTuranced'obrenir ce qui vous fera nécetTaire? le Fils de Dieu ne peut rien refufer à la nobletTe de France, qui a tant de fois, & fi librement hafardé fa vie pour ladéfenfede fon faint nom. la Terre-Sainte qui aeu l'honneur de recevoir le fang répandu pour le falur du monde, ell encore toute ceinte de ce– lui de vos prédécetTeurs courageufemenr répandu pour l'exaltation de la croix. Cette terre. qui a eu l'avantage de por– ter le trophée de notre rédemption, eft pleine en mille lieux des témoignages de la piété & valeur de ceux dont vous êres defcendus, qui ravitTent encore aujour– d'hui en admiration les infideles. Votre Roi & le n8tre 'porte le nnm de Très– Chrétien ( fuivant avec lui l'enfeignede la croix, vous êres en polfeffion de triom– pher de routes les parts du monde.) Cou– rage donc, MESSIEURS , venez avec nous au temple du Dieu des armées ! Venez participer aux plus fainrs & facrés Remontrance du Clergé de France , ajfemblé auxdùs états généraux , faite en la chambre du tiers-état en l'année l 615. far l'article du ferment , par l'éminentiffeme car– dinal du Perron, archevêque de Sens , primat des Gaules & de Germanie , .S· grand aumônier de France. MESSIEURS, Ce (eroit peu de chofe , pour hono• rer I• dignité de ceux qui font profeilion d'ad1ninilher la juilice, qu"Arillore nous eût appris que la jullice ell belle & ad– mirable comme l'étoile de Lucifer. Ce feroic peu de chofe qu'il nous eût dit • qu'en la juftice tomes venus font fom– mairemenc comprifes. Ce feroit peu de chofe qu·Agefilaus, Roi de Sparte, eût répondu que le Roi de Perfc, qui s"actri– buoic le ritre de grand Roi, n'éroit point plus grand que lui, s'il n'étoic plus julle. Cc feroic peu de chofe que les poëres eulfenr feint que Minos, l'exempl;iire des princes julliciers, étoit fils de Jupiter ; & que Themis & Dicé éroienc affifes auxc8tés deJupirer, fi l'écriture ne nous apprenoit, que c'ell par la jullice que les Rois regnent, fi le Fils de Dieu.n'a– vait voulu que celui qui devoir être fa ligure, portât le nom de Melchifedech , c'eil-à-dire, Roi de jullice ; & que ce même Melchifedech, dont le nom ligni– fiait Roi de jullice, fût auffi Roi de Sa· lem, c'ell·:\-dire ,Roi dep•ix, pour mon· rrer que de la jullicedépend la paix, qui ell la mere de tous les biens du ciel & de la terre; mais puifque les oracles des écri- V ij http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr/ [YM-54-13] Corpus | Histoire de Provence

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