Recueil des actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France : Tome 13

· 307 Remorurance de M. Potier' plurt.t le bon vent qui arrive à une dou- ce & tranquille navigation, ajoutant les eJfers à l'efpérance , la confiance au bonheur , & la fureté au repos. Les paroles nous manquent pour ex– primer le contentement & le retTenti– rnent que nous avons de ce bien. Beau– coup moins font - elles capables de ren– dre les graces très-humbles que nous en devons l Votre J\1ajellé. Il faut que notre filence parle , que notre humilité remercie. Nous vous [upplions très– humblement, S1RE , juger de nos pa– roles par la \'étirable affollion de nos cœurs, comme en juge Dieu tout-puif– fant , duquel vous êtes une image vi– vante ; & non pas de nos cœurs par la foibletfe de nos paroles , comme en ju– gent les hommes. Nous ne refpirons que votre fervice , ne Couhaitons que votre contentement & votre grandeur; en nous l'ardeur de cetce dévotion ne s'étein– dra jamais, le temps ne fera que la r~n­ flammer; l'églife ne fait que c'ell d'inconf– aance, c'ell l'épou[e du Fils de Dieu , elle a la lune fous les pieds ; & Con époux étant l'auteur des julles & légi– times dominations, comme dt la v8tre, & ayant commandé aux fujets d'aimer, honorer & obéir à leur Roi, recevra pour facrifice agréable les vœux & prie– res très-ardentes que nous lui faifons, & ferons tous les jours de nos vies , avec tout leffort de nos cœurs , avec route J'affeB:ion de nos ames ; qu'il lui plai[e épancher abondamment Ces gra– ces fur Votre J\lajefté : que vous [oyez le plus religieux , le plus julle, & plus viB:orieux Prince qu'ait jamais vu le fo– leil. Que tous vos fujets unis au giron cle l'églife par l'exemple de votre piété, & tout l'Orient vaincu & dompté par '\'os armées, vous remettiez la fainte & triomphante croix fur les murailles de Jérufalem. Que chéri du ciel & honoré du monde , vous voyez heureufement fermer ce fiecle, qui s'eft ouvert à vo– tre naillance : & qu'enfin à tant de cou– ronnes qui auront orné votre chef en •erre , vous ajoutiez celle de l'immor– talité dont jouitfent déjà bienheureux )es Clovis , les Charlemagnes , les Ro– berts, & les Louis vos prédécetfeurs , & qui eft préparée dans le ciel à tous le' princes qui en leur vie auront aimé J'é~l~fe, a11ton1 honoié la icligîon ~la p1ece. Remontrance du Clergé de France, aj[emhlé aux états généraux , te– nus ù ParÏs en 1614, faite à m~f­ Jieurs de la chambre de la nobleJ!è , par illujlrijfime & révérendi.Jjime mejfîre René Potier, évêque & comte de Beauvais, pair de Fran– ce , pour les exhorter à une com– munion générale. MESSIEURS. Ceux qui ont confidéré les avantages que l'homme a emporté par-detfus le relle des créatures vifibles , ont eu raifon de le nommer la merveille du inonde , le chef-d'œuvre de Dieu & fon image vi– vante fur la terre; mais ceux 9ui ont pris garde de plus prèsauxinfirmitesauxquel– les il eft fujec, n'ont pas eu peine de l'ef– timer plus digne de plainte que d'admira– tion ; ils l'ont judicie~fement comparé aux chofes les plus vaines & les plus r,atfagercs qui fe trouvent en ce monde: ils ont dit que c'étoit un flambeau plutôt éteint qu'il n'était allumé; un n113geplu– t8t dillipé qu'il n'avoit commencé à pa– roitre à nos yeux: un vaitTeau fans mats, fans voiles & fans cordages, expofé à la fureur des vagues & des vents. Ce n'e!l pas chofe étrange que l'on ait fait des Jugemens fi contraires d'un fujet auquel fe trouve tant de fortes de contrariétés; car qu'y a-t-il de plus foible que notre force, de plus ignorant que notre fcien– ce, de plus imprudent que nos confeils, & de plus incertain que nos réfolutions. Nos entreprifes le plus Couvent mal fon– dées , font encore plus mal conduites, & n'y a rien de fi parfait en nous, qui ne foit accompagné de mille imperfec– tions; c'eft pourquoi toutes les nations, bien que cifférentes en opinion ' tou– chant l'etfence de la divinité, [e font toujours accordées en ce point , que l'homme ne pouvoit rien s'il n'étoit allif– té du fecours d'en-haut; fecours qui doit accompagner coures nos allions, mais principalement celles qui font publiques. Votre atfemblée • MESSIEURS, cil de cette qualité, puifque le defir de travail– ler à bon efdent à ladî1e téfonnation de• http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr/ [YM-54-13] Corpus | Histoire de Provence

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