Recueil des actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France : Tome 13

·- iSs P.itrùrrch~, Archevêque de Bourg.-s. M. DC. '\lïll. 286 elle, & que les plus grandes dignités & de Dieu, faifant avancer cette grande les premiers rangs en toutes fortes de dt-folanon , & cette ven~cancc que les profellions, foi~nt le théâtre ou elle ell prophctes ont appellée le jour du Sei– roujours appellee_. . gneur._ . , Mais li en ce bien nous avons de guot l'v!ais, SrRE , donnez-nous la libcrte adoucir les aigreurs de nos amertumes de vous dire que cette creche du fils & de nos difgraces ; fi avons·nous en- de Dieu ell encore fouillée de cc li– core julle occalion de pleurer mainte- mulacre , que les vafes font Follués 0 nant fur la face de l'églife , voyant que que le Saint des Saints ell découvert , la limonie , les paébons illicites des bé- & que fes pierres font dillipées: li vous néfices , le.s confidences , les penlions permettez cette nouveauté tant inouïe , laïques, les aliénations des chofes dé- que certains chevaliers de l'Annor.cia– diées à Dieu , le mépris de la jurifdic- de , gens attachés au mariage , en– tion eccléliaftique , par le moyen des veloppés dans les affaires du monde , appellations comme d'abus , font au- & de qui le bras delliné au fer , doit jourd'hui li ordinaires , & avec tant être plutôt couvert de fang que de la d'impunité , que nous pouvons dire , fumee des encens & des facrifices , que c'ell la fagette qui vole en plein mettent les mains fur les tables facrécs , midi : le péché que l'accoutumance ne prennent les pains de propofition , & fait plus peché; & ce Léviathan de Job entreprennent fur le!' revenus qui n'ont qui ne dort plus à l'ombre & dans le été voués que pour les lévites, & pour fecret des ténebres. ceux qui offrent à l'autel. Qu'en cela nous Commes peu tou- L'époufe au Cantique , cheminant chés de la crainte des rigoureux chiiti- en l'obfcurité de la nuit, fit rencon– mens de Dieu , & que peu Couvent fe tre des foldats & des gardes de la remettent devant nos yeux les exem- cité , qui lui arrachcrent fon voile : ples qui nous affurent que ces péchés & les prércns qui ont écé faits à l' <– font li grands, qu'ils en crient vengean- glife , & les dons qu'elle tient de tant ce : que c"eft un fang comme cdui de Rois qui vous ont dévancé , ront d'Abel, dont la voix monte jufques au le voile & le fymbole de l'alliance Ciel: & qui ont fair que ce Louis-le- qu'ils ont fait avec elle. Oue li vous Débonnaire s'éloignant des faintes loix fouffrez en ce fiecle qu'efie reçoi,·c de fon pere Charles-le-Grand, fut l'op- cette plaie, que unt de biens lui roienc probre de la France , l'ercabeau que la enlevés par les penfions :iffe:1ées i fortune foula de fes pieds , & le mépris ceux de ce nom·el ordre, c'eil en cela même de res propres enfans, que Dieu donner licence aux foldats & gardes fit fervir de verges & de plaies pour le de la cité, d'arracher le voile à l'é– 'hâtier ! poufe. Et bien que Votre f\1ajcilé aie Oue cette juilice du Ciel, aux yeux été portée en leur faycur à quelque de laquelle les voies & les iniquités des indulgence , & que leur importunité hommes ne peuvent être cachées , ait tiré d'elle quelque confentement puilfe voir ce honteux fpcélacle , que préjudiciable au Clergé ; li prendrons– les biens deilinés pour un faint fervice , nous cette alfurance, que d'autres con· foient employés pour les délices & les fidérations plus légitimes & plus im– impudiques contentemens d"une pro- portantes que celles qu'ils ont avan– fane & d'un lai ; & qu'un idole d'Ado- cées à leur introduélion , vous convie– nis dorme derechef en la creche de Je- ront i rompre le chemin à cc• tant fll!-Chrift, comme le fit faire cet Empc- iniques , tant injurieufes & facrileges reur infidele en haine des premiers chr"- ufurpations. tiens : & que les vafcs facrés fervent Adam fe \•Ît nud incontinent qu'il encore à la table de J' A!Tyrien. C'ell ici eut touché le fruit défendu. Mais qu'il faudrait que la main de Dieu écri- qu'eft-ce que le bien confacré à l'é– vît fon épouvantable jugement contre glire , qu'un arbre raint que Dieu nous la paroi; & que ces énormités qui font défend de toucher , & dont le fruit la grande abomination prédite, préfen- n'el1 pas li-tôt cueilli qu'il montre no– mlfent la derniere coupe , & nous rre nudité ; & fait qu'ayant voulu ar– ÜCllt boire b lie du 'alice des fiueuu fil'her i Dieu les biens qui lui ~toient http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr/ [YM-54-13] Corpus | Histoire de Provence

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