Recueil des actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France : Tome 13

Re1nontrance de i"tlonfieur Frlmiot ; voués , il nous dépouille aulli - tôt après de ceux que par grace & par emprunt nous renions feulement de lui. Nous aurions ici beaucoup d'autres. chofrs à repréfenter à Votre J\iaje!lé , mais craignant d'abufer de fan loifir & de fa patienceJ nous nous contente– rons de les faire voir dans ce cahier à menieurs de Con confeil , lefquels foi– VJnt vos louables intentions nous y don- 11ero11t cout Je co11tentement que 11ous pouvons efpérer : vous foppliant très– humblement de leur ordonner qu'ils ayont ci-après par leurs autorités à nous fi:re jouir des graces que Votre lvla;d1é nous accorde, lefquelles pour la µlû1nrr nous demeurent inutiles & infrultueufes , n'étant point vérifiées par (es parlemens. Et c'e11 le moyen S1RE , que votre regne ait toujours les profpérités & les bénéditèions qu'il a eu, & fi vous voulez que votre bonne fortune ne foit jamais laJTée de vous tenir com– pagnie , que le bonheur de votre état ne vieilli Ife jamais, & que fa durée n'ait point les termes que le temps ordonne aux chofes qui pfrilfent, & (ont fujet– tes :l. Ces loix ; & que cette lignée que Dieu vous a donnée Coit toujours bé– nie en (on nom : prêtez votre main & votre (ecours à J' églife ; jettez les yeux fur les ble!Tures qu'elle vous montre, apportez-y Je deuil & la com– pallion d'nn pere & d'un Roi ; portez h vue fur les miferes de tant de pau– vres pa!leurs & curés des églifes , qui donnant la manne & le pain des An– ges aux chrétiens , ont à grand peine le pain des hommes ; & font reduits par l'indévotion des peuples , & par l'injure du temps , à mille fortes de né– cellités : & traitant d'un vifage ouvert avec votre confcience , écoutant volon– tiers les entretiens & les dé vis qu'elle a fecrétement avec vous pour cela , promettez-lui , & lui jurez par elle– même , & par {es plus véritables & plus religieux fentimens, que vous ne fe– rez plus déformais qu'une offrande & qu'un holocau!le tout brûlant en fa– crifice pour I'églife ; & que rétablif– fant la maifon des Rois auprès de la maifon de Dieu & du temple , com– me fit Salomon en Jérufalem , vous té– moignez enfin que le foin des Rois ne doit plus être que le foin de l'églife, & que le foin de l'églire ne doit plus être que le Coin des Rois. Les tribus d'lfraël ne pouvaient pren– dre alliance hors de leur famille • fors la feu!~ tribu de Judo , où étoit le fceptre de la royauté , 9ui fe pou– voit allier à la tribu de Levi où étoit la facrificarure : & en cela le décou– vre la lumiere de ce beau myllere ; 9ue l'état de I'églifc & celui des Rois etant unis comme par les noeuds in– violables d'un Caint mariage ; vous de– vez donc, S1RE , à I' églife ces pallion– nées & amoureufes paroles , que l'af– fetèion de ce peuple chéri de Dieu fit dire à Con Roi : Chair de ma chair • fang <le mon fang , os de mes os , que je ne fois plus qu'une même chofe avec toi : que ce ne (oit plus qu'un même refpirer : que tes regrets (oient mes regrets, que tes plaintes (oient mes plaintes , que tes douleurs foient mes douleurs : & que tous transformés l'un en l'autre je te puiffe dire : Fille de Sion éplorée , c'ell moi qui te veux Ôter ta robe de deuil, te leve·r le fac & la cendre , qui te veux oindre d'on– guens de myrrhe : Et comme les fil– les des Hébreux difoient de leur Prin– ce : Je veux que tu difes à la pofié– rité , que ce moi qui tè vêrois d' é– carlate , qui te donnois les prémices des champs, qui ai honoré tes Cabbats • & les jours folemnels de tes calendes : qui t'ai donné la pourpre , & qu'enfin je t'ai Cervi comme le bouclier des forts , & comme lépée de Jonathas qui n'ell jamais retournée en arriere • & n' efi revenue teinte que du fang de tes ennemis. Rendez-donc , S1RE , ces jufies tri– buts à l'églife, & lui rendant aulli mille graces qu'elle vous ait appellé Con pre– mier-né , vous ait donné fan premier baifer : que ce fait vous qu'elle ait le plus cherement mis entre {es bras, & fait repofer fur fon rein : donnez-lui • S1RE , pour tant de faveurs cette li– berté. Que fi le philofophe de T__yane a pu dire de !'Empereur Titus , Titus a vaincu la Judée , mais Apollonius a vaincu Titus ; elle puilfe aulli dire , HENRI couvert de lauriers, & porté dans les mains mêmes du bonheur & de la vitèoire, a vaincu les forces ennemies: mais I' églife par Ces larmes , & par fes juHes dolé;uices a vaincu HENRI. Remomran'c http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr/ [YM-54-13] Corpus | Histoire de Provence

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