Recueil des actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France : Tome 13

Rtmôntrance de Mon.fleur Frémiot ; cela davant1~e qu'elle a un mouve– ment particulier , & contraire à cet épicycle que les judiciaires imaginent. l\1ais li nous nous fermons à cette reli– gieufe con/idération , comme des con– ciles généraux forrent les oracles & les jugemens du Saint-Efprit ( ain/i que les éc!Jirs & les voix fartent en I' Apoca– lypfe du trône de Dieu) que c'ell la plus granderoue qui enveloppe les autres roues du charriot de Dieu que vit Ezéchiel : nous avouerons que ce facré concile duquel nous demandons la publication , ell la grande fphere qui doit mouvoir notre étoile , & que fous la faveur de quelques privileges & de quelques droits accordés à J'E– glife Gallicane, vouloir s'affranchir de fes décrets, c'cll fc donner un mouve- 1nent propre , & comme la lune inconf– tante , ne fuivre le cours de notre ciel & de µotre épicycle. Les naruralilles difent que l'œil ell enfermé de fept mufcles , qui le ren– dent mobile , & auxquels la nature a donné reis rangs, que ces petits relforrs également le rirent :\ eux, & demeure néanmoins en fa puilfance de ne point agir, & de fuivre le parti de l'un ou de l'autre. Ce peric ouvrage de la nature , S 1 RE , nous repréfente une image de la parfaite liberté , & celle penc-êrre que nous la voulons donner à l'Eglife Gallicane : œil donc le mouvement au– J"oir à dépendre d'antres mufcles & d'au– tres relforts, & qui pour avoir été favorifé de plulieurs droits & franchi– fes , ne doit agir néanmoins aux chofes fpiriruelles , que felon les réfolurions prifes ès conciles généraux : ne doit penfer qu'en la penfée de l'églife univer– felle, & ne rechercher plus douce & plus heureufe liberté que dans la reconnoif– fance & dans la fidélité des hommages qu'elle lui doit. En cela Votre Majellé ne peut être olfcnfée, non plus qu'en la plainte que nous faifons , que le droit des életl:ions nous ell ôté , dont le regret & le fenti– ment nous eft pardonnable, puifqu'en ce défordre , c'el1 mêler les chofes fa. crées avec les profanes ; jetter un dé– réglement dans l'économie de l'églife : Ôter des mains du prêtre les odeurs & les encenremens : rompre la muraille qui fépare le fauétuaire , & répandre l'huile des facrées onltions du nacle. l\1ais ce qui aurait i nous confoler en la perte de ce droit, ell que Votre Majellé , à qui Dieu aux grandes oc· currences n'a jamais manqué de prê• ter la main , ne s'ell point trompée a11 choix important qu'elle a fait , & fait tous les jours des palleurs qui font de fa nomination : & les heureuit fuccès & l'expérience ayant fait preuve qu'en ces aél:ions vous y traitez les mains pu– res avec votre confcience , & que les alfeélions particulieres auprès de Votre Majefié n'ont point de crédit pour cela; font aujourd'hui que l'églife vous bé– nilfant , fe réjouit qu'elle tient de vous beaucoup de belles lumieres : que vous avez rallumé fes lampes éteintes , ral– lumé fon chandelier d'or : lui avez fait part de belles pierres pour fon édifice : & contribuant heureufemtnt à l'ou– vrage du corP.s myllique , lui donnant de fi fages pilotes , avez jerré comme de nouveaux eîprits & de nouveaux accords plus harmonieux dans les or– dres de fa hiérarchie. La vertu , difoit un orateur Grec ; fe plaignit un jour devant Jupiter , que pour être cherie des hommes , il fallait qu'elle changeât Couvent fes habille– mens , & mie quelquefois du fard fur fa blancheur & fur fon vifage ; & comme Junon prit le celle de Venus pour fe faire aimer des Dieux: que c'ell ainfi que Dinocrates ce grand architetl:e , approche d'Alexandrie , lui ayant la malfue d'Hercules , le vifage défiguré de Satyre , & fa folie diffimulée, fait ou– vrir la porte , où fa vertu fe montrant nue & fans ce mafque , lui eût fait fermer. Et quant à ce ficcle , bien qu'il ait beaucoup d'autres taches , & d'autres défavantageures fortunes ; fi aura-t-il , S1RE , cette récommandation & cette gloire, que Yorre Majellé ayant élevé aux charges de J' églife plu/ieurs pré– lats que leurs mérites y appelloient , la vertu ne fc peut plaindre d'une ingra– titude ; fe peut montrer à vous en fon vrai vifage, vous ouvrir fon cœur, & vous dire fes pallions, puilque vous fai– tes état de fon fervice , tenez· chere fa. compagnie , & lui donnant le plus de· part auprès de vous , faites que les ré– compenfes & les faveurs f01enr p.our· http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr/ [YM-54-13] Corpus | Histoire de Provence

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