Recueil des actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France : Tome 13
l.Sr Patriarche, 'Arckevtque de Bo!;rges. M. DC. V 1I 1. fe lailfoit tomber fur.fes propres ruines, & fe jenoir en~re les . b~as & à la merci du défefpoir meme, atdee de votre main , fe foit fi heureufement relevée: & qu'enfin r-0utes vos all:ions , & tous les fuccès de vos affaires ayent été autant de miracles: ce font, SIRE , des avantages peu com– muns, qui vous lient auffi envers Dieu à desrelfentimens peu communs, qui feront que votre mémoire fera cherement reçue au temple de mémoire : & que la pollé– rité fe tiendra autant obligée de fe vouer à votre nom , que votre nom fe tient heu– reux de fe confacrer à la potlérité. Mais, StRE, ce n'ell pas alfez, il faut encore porter la main :\ votre portrait : & bien que votre vie foit l'image parfaire du courage , de la clémence, du bonheur & de la prudence du plus grand Roi qu'ayent jamais vu les fieclespalfés; per– mettez néanmoins que J"églife ajoute en– core à ce tableau quelques trairs & quel– ques couleurs , & lui accordez que vous dreffant de plus glorieux monumens de fa main, elle publie que votre zele :\ re– cueillir fes confeils, que vorre affell:ion à faire garder fes préceptes , que votre foin à faire obéir -aux loix que le Saint– Efprit donne par fa bouche ,ce foienr des effets qui élevent plus haut vos premiers honneurs, qui feroiem encoredéfell:uenx aux yeux des âges ;) venir , li un li grand ouvrage , que la fortune de vos profpC:– rirés manquoit d'une picce de li grande importance , comme ell le mèrire de ces louables & généreux deffeins que vous devez au repos de I'églife , aux fecreres femonces de verre confcience , aux conjurations de votre vertu m(·1ne , & aux clameurs fecreres des delirs de tous vos rr~s-humbles fujeis. Aulli nous promettons-nous cela de V. M. & encore qu'avec beaucoup de julle douleur nous ayons déjà vu Cou– vent infrull:ueufes les remontrances qui vous ont éré faites J pour convier à recevoir les falutaires décrets de ce grand concile de Trente , li efpérons– nous aujourd'hui , S1 RE , que votre piéré , qui a rendu tant de témoignages de la lincérité de vos intentions , favo– rifcra maintenant nos julles prieres ; & que les raifons qui vous feront repré– femées de la part du Clergé de votre royaume , feront favorablement re– cueillies de V. M. approuvées de vo– .Ue tonfeil • 6' tenues pour plus prompts & plus utiles moyens à fermer la bouche à nos plaintes, couper le chemin aux dé– bordemcns , & rompre le cours des abus, des facrileges pratiques , des conlic!ences & des limonies qui font gC:mir & foupi– rer l'C:rat de I'églife. Et li à ces conlidérarions vous ajoutez. ce\le-ci, qu'il s'agir d'un concile qui ett écumt'nique & univerfel, auquel l"efprit de Dieu a fervi de lumiere , & a donné fes véritables réponfes , fuivant les pro. melfes infaillibles que nous en tenons de ces tables de la loi de grace li folemnel– lement jurées: qu'il ell encore reçu avec routes fortes de foum;Oions & de révé– rences , par les confcntemens uni\'erfel! de unr de nations C:clairées de l'évangile. Après cela , le refus que vous en feriez , SIRE, donnerait fujet de fe plaindre , qu'en cette difgrace, & en ce défavorable traitement , ce feroit, ce fe1nble , ajou– rer le binaire , nombre de confulion, i I"uniré de l'églife; diviferla robe fans cou– ture de J. C. faire une coupure en fon corps mylliquc , & voir rompre encore une fois par le milieu le voile du temple. Si les témoijlnages de l"amiquir" in– nocente & verirable ont honoré h France de cette réputation , qu'elle a toujours ouvert les bras à I'églife en fes affiidions , qu'elle a été l'abri où. elle fe retiroir durant fes rourmentes : le champ que Dieu cultivoir , & dont il arrachait même les épines de fa main: fa fleur du lys , à 1' ombre de laquelle il dormoit & (e repofoit au midi : ]"hé– ritage le plus précieux, & qui lui éroit le plus acquis : le féfour de fes délices, le temple & la maifon où il habitdit avec fa gloire : la Chanaan où au fortir de l'Egypte & des fers de la genriliré , il avoir fait repofer fon arche : le jar– din où il arrofoit les plus belles plan– tes : le fanll:uaire le plus plein de ''ceux & d'offrandes , & le plus doux refpirer du chrillianifme , où J"églife rrouvoit plus de ferveur ' & la voix des raf– teurs plus d'obéiffance. Ces louanges , SIRE , feraient ingrates , & ne (croient plus méritées, li la France feu!~ fe fai– fant la pierre de fcandale , venoir au mépris des ordonnances, & du pouvoir d'un li fa.inr concile. Les mathéniaticiens nous content que les planeres n' onr mou,•ement que .:elui qu'elles ont de leur ciel & de leur épicyde ; & que l~ lune a http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr/ [YM-54-13] Corpus | Histoire de Provence
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