Recueil des actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France : Tome 13

177 Patriarc'fte, 'Atchevlque aè Bourges. M. be. V 1I1. 17S · mjrftetes de leur religion. Inllruits qu'ils l!toient en ce fecretici, que comme l'har– inoniedufecohd monde fui d'harmonie Ju premier, & que routes les aéèions & les etfets de la nature ne font que portraits & lineJmens qu'elle a tiré fur lés.v·raîs ttemplaires cachés dans le Ciel ; il f:il– Joic auRi pour former J'heureufe écono– mie d'une police , que l'économie de leur reli?,ion fût cirée •.for l'in :ia.ge de~ chofes celelles, & que 1 etat pohnqueen après fiî·c un rec~nd portrait tiré fur l'im~­ ge & flir les traits du tableau de la reli– gion. Ainfi l'harmonie du Ciel & de la narure étoit felon eux le premier patron de b religion , & la religiori croit le premier patron de l'écu. La rtligion donc & l'étar ont été les deux premieres & les dellx plus ancien: iles colonnes de la fociété hùinaine· : dèux freres germains de même farig & de même nature , qui devoiéht jet'tér les fondemens d'une durée infinie & d'une éterniré. Si ce dernier, figuré par Caïn au commencement du monde , n'eût trempé fes mains dans le fang de fon frere; n'eût fait crier vengence 3 l'églife en Abel Je julle ; & qu'au rriyllere de la bénédiéèion d'lfaac , cet ingrat puîrié n'eût voulu ravir la prlmogëhittlre & les droits de îacrifier à fon frere. , Que le regne cil heureux où la haine & la difcorde ne fe jette point entre ces de~x partis, fi p~och~s ~ fi oblii;é~ de f.e preter la m•m 1 un a l autre ! <Ju lfrael cil ftoriffant lorfque Moyfe prie pour Jofué, &que Jofué combat pour Moyfe: Et que_ le< pavillons de Jacob reçoivent de bénédiéèions lorfque l'arche devance l'armée, & que l'armée honore l'arche ! Ceux qui ont voulu rechercher les éaufes de la vicillitude des chofes, & de h chute des empir~s , ont trop donné d'ind11lgence, trop de crêdif à leur cu– riofité , ''bUbnt trouver ces feèreres voles de - la prcwiderice dans les noin– bres auxquel~ ils Jlfu'cttiffcntces grands corp• & les républiques , comme nos jours au myllete des crifes ; & la for– tune de nos années , au fecret des di- , . . ' . ' : ' mater1qt1es.. . . _ ... 1 Mais le chrétien·· qüi voit bi.en d'uR :iutre cl?il ;& par l·es 're~les d'1ine Jurie' p<;11[?eél:ive , .cé qui ell · de la it\ervéilfè de ces tévoltttlohs, ·V apporté ~ien le ju~eme_nt d'autre~ tonfidérailons , &' Jbn quê11one r:til'6n , è'n1:tîore·s fi' grad~- . . des qui fonttraitées dans les plus profond& abiiries des fecrets de Dieu, doive en _ceb avoue< fcs nùnquemens , & le pe.~ de i'ouvoir. qu'elle .a de porter fi loin f~ vùè i fi ell-cc que faintemeiit elle nous p'eü't:fl-ii'e croire. qùe la religion ell le v·rai nombre fat:iT qui confervè la puifr Cance & li glciiie des monarchies; l'e[~ prit de vie que Dieu leur infpire de ta bouche ~ Iè proxenete & le médiateur qui fait lè niari"ge d.ti Ciel &de la .terre i le faint commerce. dès anges g,· de$ hoil1ines, & le facré ·rceau que !es dèî" _. I . ' .... , •. . , . - ttne.es ne peuvent rompre. AuRi e1rc:e· pour cela que les Cages romains ne l'ollloient pàs que les noms des génies des cités fulfent connus ; & Sagühfe , .cette grande ville , ne de~ voit jamais être vaincue , que èes Dieux 'turelaires nè fulferic év.ociùés , & quel~ nom de l'ange gatdiei1 de la cité n'eût écé' révélt'·; comme Il ces anciens" eultenc tr'u qü'~filnt ~iaîtres de la religion d'un état, l'on étoit maître de l'état; & que l'un emporté ; il fallait que l'autre cé• dât , & ne demeurât plus en fa force, Les fecrets théologiens des Hébreid: ont inventé qùe l'àine eli attachée à fon corps pir un efprit qu'ils appellent en la langue fainte, Nephcs: & ce mot • pu une tranfpofition de lettrés , en fait un autre qui fignifie Jouceufe lumiere , . & ajoutent , que quand l'ame doit dire fe dernier adieu à fon corps, cet efJ>rit fi: répand au-dehors; & que c'ell l'ombre & l'idole qui ne pouvant oublier fon· an~ cienne demeure , fe montre fouvenr au– près du fépulcre , où fes reliques & fes cendres repofent. . Or fi les rapports qui font en cette union du corps & de l'ame, fe rencomrenr en l'union de nos volontés avec Dieu : ayez agréable, Suu, que ie vous dife 'l!le cer efprit, lè vrai lien qui nous unit à D]cu, qui fait qu'il traite Jvet nous, .& qu'il ne n?uS .peur rompre co111p15nie, ,ell la· re.li ~ g1on ; & que le plus grand prtfage de la chure des empires, ell lorfque cet efprit & ce nœud fncré fe détache , y ayant hop de témoignages que Dieu pren<I Çqngé de nous lorfque nous prenons' con• ~édefes facriliccs; & nous dl:lailfequ,and 11ôùs ·di:lai!fons la créance - ~ )es pro– m.elfes.Jurées à notre rcligio~. ' QuJnd Dieu voulue avertir fon peu• pre des margues de la venue d_u_ ll-1efii~ , il"révéfa pit-la-bouêhe'Jè fon prophete, s ij http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr/ [YM-54-13] Corpus | Histoire de Provence

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