Recueil des actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France : Tome 13

?, 7 s Remontrance Je Monfieur- Frémiot, 176 Remoncra11''' du Clergé de France , aj]èmbl& à P,iris en l ô o ,f. faite au J{oi Jlcnri l V. par illujlrif!ime G' riv<·re11diflime mej]ire Andr.f Fré- 1niot, archei·équc de Bourges ,pa– tri~rche G' prin1a1 d'Aq11i1ai11e, af– .fiflé des cardinaux de foyeufa , de Gondy, de .Sourqis , du Perron & de la Rochefoucault , & des ar– fhevêques , évêques & autres dé– putés en ladite affemblée._ S1RE, S'il eft permis l la douleur de fe plain– dre, & que le plus inique & le plus in– jurieux traitement , foit celui qui nous réduit aux contraintes & aux rigueurs d11 lilençe de notre mifere; L'églife qui iic: refpire dans antre élément que dans les affiiétions, qui a toujours cheminé fur les épines, & de qui le mariage el1 une alliance de fang, de calices \f'amertu– mes & de tribulations , ne recevra pas aujo:1cd'hui peu de contentement ,li V. M. fe lailfant toucher au~ jufies caufes de fes doléances , lui permet de dire fon deuil, & de découvrir les excès & les plaies fenlibles , auxquelles feu! vous pouvez donner des remedes. Pe toutes les verges & de toutes les perfécurions dont elle a été vilirée , celle où l'inhumanité femb]e s'être fur– palfée elle-même , & où la cruauté de– voir être conjurée d'avoir pitié de fa cruauté , fut lorfque ce Julian Empe– reur, qui foula du pied les autels qu'il av.oit aupara\•ant adorés , défendit aux chrétiens les larmes , voulant qu~ la compaffion ne répandit plus fes pleurs aux champs , où b fureur du Tyran avoit répandu le fang ; & que le chré– tient apprît feulement à fciuffrir fon mal , & non pas à 1~ plaindre. l\1ais pnifque J'ima'.ct! ell évanouie de ces fpeétacles funelles, & que ]'é– glife couverte <les couronnes & des trophées de fes ennemis , fe voit ho– norée des fceptrcs ; & que les Rois ayant fuccé le lait de fes mam111ellei, ont baifé les pas & les veftiges de ceux qui évangelifoient ; oublieroir-elle pas fa gloire. & qu'elle en cette bi~n-aimée époufe qui dt fortie de la co11che pu– blique de Sion, à qui les Rois vos pré– décelfeurs onr donné comme les pre- miers anneaux , & les premieres arrhes de fes nôces ; li en fes remontrances , & en fes falutaires avertilfemcns, elle craignoit que V. M. fût offen fée? Et bien que vo– tre clémence ait fo4vent oui fes jultes regrets , & qu'aux plus grandes extrêmi– tés de fes traverfes, elle fe foit jertée entre vos bras, appellant le fecours que vous lui devez ; li eft-ce que ne voulant point croire que la dévotion & le zele de V.1\1. foient las de lui prêter encore les faveurs de votre commifération; & que vous portiez à regret qu'elle vous vien– ne faire entendre l'état où l'a réduite la corruption & les déportemens trop licencieux de ce liecle : toute déplorée & touchée au vif de ces tons & de ces outrages, elle vient derechef aux pieds de V. 1\1. fe répandre en larmes: vous vient ouvrir. fes penfées , & vous dire que comme un grand Roi , qui tenez. \"otre pouvoir de la main de Dieu , qu'elle a obligé par tant de vœux & par tant de prieres; qu'elle a béni tant de fois , & pour qui elle a li fouvent arrofé fes autels de pleurs : vous feriez trop méconnoilfant li vous ou– bliez ces graces ; & trop peu reli– gieux , li s'agilfant ici des conlidéra• rions qui font ducs l la maifon de Dieu , vous n'y rendiez les témoi– gnages de la piété d'un Roi Très– Chri:rien , & les fideles preuves des devoirs où vous oblige même la pitié. SIRE , le foin le plus important , le plus falutaire & le plus digne des Rois , efi le foin de la religion. C'cft la partie de ce grand corps dont vous êtes l,ame 3 qui \'OUS doit être la plus fenlible : l'œil qui conduit Je plus alfurément vos pas ; le cœur qui vous répand le plus de vie & le plus d'efprits ; le bras qui donne le plus de force à votre bras; & enfin l'état qui donne le plus de puilfance & le plus de vigueur :l votre état. C'ell pourquoi , S1RE , les Rois de Perfe font loués de n'avoir jamais per– mis que leurs enfans fulfent appellés à la conduite de leur royaume , qu'ils n'eulfent premiéremenr appris en l'é– cole des mages les cétémonies & le& http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr/ [YM-54-13] Corpus | Histoire de Provence

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