Recueil des actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France : Tome 13

17 J Arch.ev~que & Comte rie Pienne. M. DC. V. i7.f. poulfera~ d?~c plus ,out~e ce diicc;iurs , mens nous montre alfez que les chofes puifque 1e n a1 expofe qu une partie du divines , & les minillres facrés à la divi– rrouble qui attaque fi vivement le fpiri1uel nité doivent être recomm•ndés à tous les de l'églife, étant notre douleur la plus bons l\1onarques, comme ceux qui ap– fenfible, encore que pour le temporel prochent de plus près la perfonne de nous foyons réduits J telle extrêmi~e ,que ce grand Dieu, qui avec fa feule parole fi nous Commes prclf<s de P'yerles arré- a produit ces deux Aambeaux du jour & rages defquels nous nous trouvons char- de la nuit, qui a fait les Cieux ea fon gés, il nous ferait force , S1RE, de nous entendement, qui a fondé la terre fur réduire i une défolée ce Ilion des biens , les eaux , à qui le Ciel ferc de fiei;e, chofe qui porteroit la pliipart des églifes & la terre de marche-pied ;_de ce Dieu à une défobtion: nous nous verrions un auquel le feu , l'air, la terre • & les jour fans facrifice , fans adoration. Dé- eaux font tributaires , encore qu'il n'ait tournez, Suu, ce défa(\re qui parce le befoin de _rien pour faire toutes cho– coup fatal de la ruine de l'églife. fes. Il fait que les Rois ne peuvent lui M:iis, SIRE, ce[te co1npJgnie de pré~ rendre rien en écha11ge , ni reconnaître Jars qui m'environne, qui aux premieres !"obligation de )"éminente puiJTance, de rencontres ont abordé V. l'vL ayant leurs l'autorité relevée qu'ils ont reçu de fa faces toutes couvertes de deuil, d'ennuis main, comme un rayon de fa belle lu– &rritlelfe, co:nme expofant au-dehors un miere, de cette immortelle divinité:- il véritable témoignage des déplaifirs dont de lire au moins qu'ils s"acquittent envers leurs ames font failies, il femble qu'ils ceux qui font plus parciculiéremenr dé– avent changé de faces voyant V. 1\1. dits aux offices divins , & voués aux plus portée à nous foulager que nous chofes fainres & facrées. Nous nous n'avons été aux defirs & deJTeins de nous jettons , S1nE , à !"abri de votre pro– plaindre; elle m'impofe lilence , & me vidence paternelle , & fous les faveurs confeille de ne poinr troubler votre re- & autorité de votre puiffance royale. pos par le récit de nos mllheurs , re- Si elle prend à cœur d'brer les affiic– mettre le relle dont ils m'ont chargé au rions qui troublent l'état des ecclé– cahier de nos plaintes , efpéranr que fialliques , elle remetrra les yeux en cette intelligence muette expofera fide- leur entier à la face de l'églife; & pour– lement les fonelles & trilles lamentations voira i la Canté du corps général de l'é– de l"églife, non à h façon des prophe- poufe de Jefus-Chrill ; rendra ce fervice tes , puifqu'ils ne prédifaienr que les fi fignalé i Dieu pour les obligations 1naux qui devoienr uriver ; car nos af- infinies que Votre Majellé doir au Ciel, Jliétions font préfentes, notre mal efl tour qui font venues à rel point , qu'elles né, notre perte affurée, nos ruines cer- furpalfent celles de tous les Rois vos raines, & notre mort voifine. predéceffeurs des deux fiecles palfés. SIRE , vous êtes le cœur & la tête Jerrez , S1nE , jettez fur nous vos yeux de notre corps, c'ell de vous de qui de pitié, tendez-nous cette main fa- 11ot1s efpérons notre vie & notre fen- \'orlble , racr(e & Iillérale , OU\'rez vn– timenr : tout le rovaume répond à tre bouche pleine de douceur, profé– Votre Maiellé, & elle à Dieu. C'ell rés des paroles de fecours, & pronon– vous , S1RE , qui nous gouvernez, & cés 3 notre faveur l'arrêt de norre avez la verge pour nous châtier fi nous \'Îe , révoquant par votre autorité fou– faillons ; vous avez auffi '3 main de veraine celui de notre mort, que nos miféricorde pour nous faulager. L'Em- affiiétions & nos maux avaient j3 pro– pereur Bafile appelloit les eccléfiaili- noncé ; & par ce moyen vous change– gues, les yeux de fan état : Voyez , rez nos peines en plaifirs, notre d~uil S1RE , s'il vous pl1îr , combien il im- en ioie , nos regrets en fouhaits , nos porte à Votre l\1aiellé de c.onferver craintes en efpérances , nos ténebres cette noble partie en fan entier. Quel- en lumiere, nos nuits en jours, notre que ancien a bien remarqué que rJieu mort en vie' & notre vie languiffante au vieil te!bmenr commença de don- & mourante , en laqùelle nous rou– ner ua Roi à fan peuple pour venger Ions une dure fortune , en une vie où les torts que l'on faifoit à fes prophe- quelque heur & quelque félicité fe re– tes : & fa nature même des gouverne- trouve. s http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr/ [YM-54-13] Corpus | Histoire de Provence

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