Recueil des actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France : Tome 13
17 1 Remontrance de Monfieur de fi/fars; 171' . mettre :\ l'égliîe l'ancietrne forme des repréCentés par la plus noble partie, éleétio11s : oa li ceb ne îe peut pas en- par le premier rang que polfedent les core , que Votre 1'1ljellé, comme elle ecclélialliques , comme h partie la a fait en l'heureuîe nominotion des plus rele1·ée en votre état , ils con– prélJts qui îont ès égliîes de votre JUrent Votre !\1ajellé par fa bont,é royaume, falfe déCormlis une tell~ royale, de trouver bon que cette ve– élc[tion de perîonnes capables pour rité vous îoit repréîentée par ma bou– les nommer aux prélatures , qu'elle che , obligeant en ma perîonne coute îoit à la décharge de votre con(cien- l'Egliîe de FrJnce, qui m'a chlrgé de ce , qui y e!l li ùroitement liée & vous porter cette parole. C'etl cette obligée. vérité , S1RE, que Denys, le tyran SIRE , j'aimerais beaucoup mieux de Syracuîe avoit accoutumé de dire me voir privé de biens , d'honneurs être plus nécdfaire aux hois & tvîo– & de vie , ex;>oîé pour îcrvir de fable narques que choîe du monde : vérité au peuple , d'irrifion au monde & de dont la face cachée tient tout le mon– jouet à la fortune , que de me lailfer de en erreur : que fi elle étoit publiée emporter à Li crainte d'un mauvais 1·i- & découverte , & expoîée toute nue• fage, & lâche:nent trahir la cauîe de elle exciteroit tout le monde à fon l)ieu, pour me rendre agréable à un amour ; ceux qui îont dédiés aux cho· Hoi qui tient îon autorité de lui ; & fes îaintes , les devroienr toujours por– qui par îa bonté , par fa prudence mé· ter îur le bout de leurs lévres : & pour prife ceux qui îous le fard de quelques la bien publier, SIRE, je dirai en vérité paroles choilies pour lui plaire, dégui- que cet énorme péché, cec hydre de fent & fardent la vérité, qui n'ell ja- limonie ell îuivi (au trouble de l'égli– mais plus belle que lor(qu'elle ell re- fe) du détellable crime de confiden– préîenrée toute nue. Quel crime :\ un ce; crime qui a été ju?é fi grand, fi prélat portant pirole pour route l'E- fatal à la ruine de l'egliîe, que les glife de France, il un îujec de céler à Saints Peres Pie IV. Pie V. & Sixte V. fon Roi ce qui touche le falut de îon ont fait fulminer une bulle pour re· ame ? îalut qui nous doit être mille tirer la furieuîe impudence de cemc fois plus cher que nos vies ; de cette qui perdent leur honneur , abandon– ame royale qui animant un corps facr.i , nent leur vie à une damnable îervitu– apros avoir longuement juîques à la fin de, qui traine aprè~ îoi toutes fortes dune heureuîe vieilletTe régné îur nous, de miîeres, & précipite les ames à une fera élevé en la gloire de ce grand peine éternelle. Ce îeroit , S1RE , un Dieu qui glorifie cnut. Que fi pour coup digne de votre m3in , & digne taire cette vérité il en méîadvenoir, ne d'un Hercule Gaulois, que de faire ferions-nous pas coupables & criminels mourir ce monllre fi pernicieux. Nous de leze-r•lajellé divine & humaine, & fupplions très-humblement Votre Ma• indignes de vivre, & voir la lumiere du jellé de commander la vérification de monde, & reîpirer l'air qui nous donne cette bulle à vos cours de parlement la vie. & aux prélats de votre royaume la pu-. Votre ~hjellé, S I RE , eft en cet blicacion. état ce qu' eft le cerveau au corps hu- Mais quoi ! S1RE , il femble que ma main ; tous les îens îortent de ce rré- parole tremblante conduiîe les trilles for de vie, & le rcl1e du corps tient accens de ma voix à la fin de ce dif– de cette influence ; ce néanmoins les cours , quoique l'excos de nos mal– naturalilles tiennent que b îubllance heurs, le devoir de ma charge, l'attente du cerveau , cette blanche matiere de ceux qui m'ont député pour por– dont il ell compofé, n'a autre îenti- ter cette parole , dût exciter & re– ment que celui que les yeux , les oreil- doubler mon courage, puiîque je fuis les & les aut:·cs llrganes des fens lui aujourd'hui fi heureux que de plaider apportent. Vos îu;ets repréîentent ces la cau(e favorable d'une mere affligée fens extérieurs , puiîqu'ils tiennent & & aimable, en la préfence de fon fils de Dieu & de vous , le commence- aîné & bien-aimé , qui en doit être ment, la fuite & la fin de leur vie. le juge, & duquel elle attend fon bien• Ec entre voîdits fujets , les yeux font fon fecours • [on honneur & fa vi~. Je poulferôli http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr/ [YM-54-13] Corpus | Histoire de Provence
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