Recueil des actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France : Tome 13

1 6 9 Archevêque & Comte de Vienne. M. DC. V. 1Îo prédécetfeurs , recoudre cette rob~ les ames mal-faines en maciere de reli– de Notre Sei~neu~_mife en pieces par. k g1on, _font que ceux que cette furieufe fchiline de defobedfance, & nous faire com•omfe, cette µaŒon pofleJe, trou– connoître ce grand & invincible Caµi· vent doux ce qui leur devrait être amer raine; ce Saint-Efprit que Dieu a donné comme ablinrhe. à Con égliCe pour fon heureuCe conduire. S1nE, oferois- je dire un mot avec Reprenez donc, S1RE, s'il vous plait, la liberré françoife; c'etl que jamais il cette réfolurion, & vous verrez que ce n'y eut tant de Giefy touchts de certe que l'on dit être conrraire aux loix de Jépre, jamais unr d'Ananies troqueurs vorre royaume , aux liberrés de J'E- & maquignons des dons du Saint·Efµrit: glife Gallicane, n'eil rien, ou li peu , que s'il s'en trouve quelques· uns parmi qu'avec la moindre conférence que Vo- ceux de notre profellion, afin que le ju– tre Majeflé commande aux prélats, & gement & la févérité commence à la aux lieurs de votre confeil & de vos maifon de Dieu, ces malheureux , fans cours de pnlement , tels qu'il vous crainre & fans honneur, & qui devraient plaira choilir; Yorre ~lajeflé en rece- être fans Yie, montrent bien que ce n'eil vra toute forte de contentement de la pas l'honneur qui les anime : ce mecs , part de N. S. Pere, qui ne fouhaire cette viande délicieufe qui fert de pâ· rien-tant que de voir ajouré au bonheur cure à la venu; puifque la crainte de de la France, la publication de ce très- Dieu, la frayeur de Ces jugemens, l'hor· faine concile. reur qu'il y a de tomber entre les mains C'eil grand cas gue la pente du bien de Dieu clairvoyant & vivant, n'etl: ou mal foie li gliifante, que l'état du point l'intelligence & J'efprit mouvant bonheur de J'églife fe pouffe toujours qui conduit leurs allions au bien, les en empirant; qu'un malheur ne lui or- recient & retire du mal. La peine de rive jamais feu!; & de fait, ce premier leur auteur , & la honte de fa mort en fuivi d'un autre bien fenlible' & qui ignominieufe les devrait effrayer j ils caufe la ruine de tant de milliers d'ames, devraient être épouvantés par la feule qui font comme ~auvres brebis égarees, penfée des rourmens defquels fon ame & abandonnées a la rage de ces loups , facrilege eil juflemenc & éternellement qui au lieu de leur rompre le pain, le· châtiée. Ah ! qu'il vaudrait bien mieux quel étant retenu, donna occalion au apµeller de la jufle rigueur de ce Dieu prophete de dire ; les petits ont de- vivant , à la miféricorde du Dieu mou– mandé du pain, & perfonne ne leur en rant, qui par fa mort a fait l'heureufe a donné ni rompu : au lieu de leur don- expiation de nos péchés. J'arrête ici le ner fa pâture fpirituelle, ufent , mais flux d'un grand difcours, otl la profa– plut8c abufent du bien du fanlluaire. nation , les facrileges de ceux qui con· Je parle de ces ames vénales , des lime· tre l'honneur de leur profeRion de no– n.iaques qui fe fouillent & fe profanent blelfe, blelfent l'églife & l'attaquent par tant de facrileges ; qui comme leur jufqu'au cœur, au lieu qu'ils deYroient auteur ( ce malheureux Simon magi· employer leurs armes au falut de leurs cien, que faint Pierre maudit pour avoir ames l'our défendre le patrimoine de offerr de l'argent des chofes fpirituelles) Jefus-Chriil, & ceux qui aél11ellement eilimenc que le bien du fanlluaire , & & dignement fervent i fon églife. Par les dons du Saint-Efprit , foient mis à importunité ils recherchent & .pourfui– prix d'argent. vent les réfetves de plufieurs bé11éfices, Ce grand mal en méprifé pour n'être & même des prélatures : ils font ho– pas connu: Pyrrhus jugea bien qu'une mie ides de volonté, puifque leurs vœux 1•illoire qu'il avoit obtenue, li elle eût les portent au delir de la mort de ceux été fuivie d'une pareille, eût été la ruine defquels la vie retarde l'effet de leurs enciere de tour fon état, tant le combat malheureux delfeins. Et puifque votre fut long, la mêlée force, tant il lui avoir bonté ( qui efl la mere nourrice , !' ef· coûté _de fang & de perte. L'ufurµacion prit gardien , & l'ange tutélaire de des b_1e11s de l'églife, femble être un l'époufe de Jefus- Chriil) ne fe porte accro1lfemcnt d'héritage, augmenter les qu'avec toute force de déµlaifirs i ces finances , agrandir les maifons ; & les allions ; prenez ce mo,,en de fermer inauvilÎfes humeurs qui s' ~"1ule11t dans la µone à tell' fane d~ gens , de rc· http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr/ [YM-54-13] Corpus | Histoire de Provence

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