Recueil des actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France : Tome 13
:i.6• R~n1011tra11ce de Monfieur di! FïllarJ, 26.f ' Arillote die que le fruit de la guerre de crainte d'être déclaré coupable de cri- c'ell la paix, comme la fin du travail ap- me, & d'offenfer V. !VI. (quoique je me porte le repos. Ayant donc parlé des tro- fois toute ma vie confervé en innocence phée~ de vo,s _armes viéto~ieufes, c'ell fur ce fu)et) li par les ~laintes ,q1!e les 1c1, S1RE, ou 1e fu1s contramr de me ren- lieurs cardinaux , archeveques, eveques <lre, où l'efprit me défaut, & le courage & autres.ecclélialliques atTemblés par ~o rne manque : ces difcours que vorre. pa- tre fe~nuffi!'n en ~et,te votre bonne ville tience & vos regards (comme l'on dlC de de 1 aris, mont mis a la bouche, Je viens la tortue, qui de fa vue Jnime fes petits) à troubler ce repos que la douceur de ::ivoient animés, meurent en leur naif- cette paix nous a donné, & que V. M. f.mce fe tarilTent en leur fource, & fe nous a acquis avec tant de peine; & di– mette;1t en la modellie du lilence-, fe rai-je (ce qui nous devroit faire mourir) Jailfent emporter à l'effroi & à l'éronne- au péril même de votre vie. J\1ais, SIRE, ment de l'admiration de ce que V. 1'.1. ils vous demandent tous pardon, vous non conrente d'avoir tour vJincu , fe fupplient très-humblement de permettre furmontanr elle-même , ait fait cet heu- encore pour ce coup l'ilfue aux regrets reux hymen, ce fortuné mariJge du lau- qu'ils ont en leurs ames, aux foupirs rier de lès viétoires avec cette branche qu'ilsonten leurs cœurs,&recevoirfavo– <l'olive , vroi hiéroglili'lue de la paix rablement les plaintes de leurs bouches, qu'elle a donné, non à la France feule, de ce qu'au milieu de cette paix tant heu– notre douce & bien-aimée patrie, mais reufe, ils font contraints, (e jenant à la ;! toutes les provinces étran!_'eres , def- merci d'un cfpoir renverfé, ufer de _pa– quelles les limples &· les doubles & les roi es, & emplorer les plaintes de ce Roi rriples couronnes ne font affermies & Ezéchias, qui voyant une paix bienheu– :alîurées fur le chef de ceux C!Ui les paf- reufe à fon royaume, ayant oui la trille fedent, que par la feule démillion de vos nouvelle de fa mort par la bouche du armes. prophete Efaïe, il s'écrie, emporté par S1RE, vous êtes la clefde la paix & de h douleur d'un accident li fubit d'unefu– la guerre en toute la chr~rienté, de quel- nelle & li prompte nouvelle, comme s'il que port que vous ouvriez , tout vous difoit: voilà comment ce grand Dieu, fuir pour entrer par la porte qu'il vous qui comme un jardinier au plrterre de plaira ouvrir; & l'heureufe paix dont le cette terre habitable, avoit femé cette monde jouit, vous la lui a1'ez donnée fleur royale, qui fe tournoit toujours la après Dieu, de qui vous la tenez. Que tête penchante pour rendre hommage à s'il ell vrai ce que Fhiloflrate récite de fou foleil levant, lorfqu'elle ne fait bon– Jïmage de J\':emnon, qui raifonnoir li- nemenr que d'éclore, il la veut déraci– tôt que le folcil lui battoir fur leslevres, ner & la voir fanée & flétrie;voilà corn– & que les fcrpens de l'écu de Minerve en me en mon printemps, au plus beau de faifoient de même : Et quoi? preffés des mes jours, Dieu veut couper le filet de vbligations li extr~mes, attachés par des ma 1•ie , & me rendre amere & ennuyeufe liens li doux & li aimables, éclairés par cette paix de laquelle j'efpérois de gou– le double foleil de vos yeux, qui fervent ter la douceur. de lumiere à cette face royale pleine de De même, S1RE, l'Eglife de France n1a;ellé, je demeurerois fans aétions de couverte de plaies, accablée d'aff:iétio•1 grace de ce bienfait qui furpaffe toute & ulcérée en tous (es membres, fc voit forte de mérite? Non, non, il faut que cxpofée à la merci des eaux impitorables rout le monde rende hommage à ces af- d'une mer d'ennuis, d'une mer courrou– rres, qui ont jetté fur nous les heureufes cée, pleine d'amertume & de mortels dé– inffuenccs de tant d'heur & profpérités, plaifirs. Er quoique cetre Eglife Gallica– que nos voix fervent de paranymphe ne , ce premier fleuron qui étoit & fer– pour louer l'excès de cet amour qui vous voit d'ornement au facré diadême de vo· y a forcé; ès heureux accès de votre tteroyale couronne,qui en fou printemps douce humeur c;ui nous l'a procurée, & s'élevoit par-cteffus la hauteur & la gloire que l'o~ appende à l'autel facré-faint de des cédres du Liban, maintenant foit en \'Otre ~Io ire, les vœux les plus fi,leles fan hyver flétri & defféché; & ferve à cl'u 1e parfaite obéilfance. préfent de butte, contre laClt:elle le dé- .T~ fuis emporté par la frareur, & Caili f<.>rdre, la confufion, la rigueur, l'aJliic- http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr/ [YM-54-13] Corpus | Histoire de Provence
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