Recueil des actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France : Tome 13
1 6 1 '.Archev:que & Comtt de Pienne. M. D C. V. 1r.1 les chérir & Coulager; aulli font-ils quel- que j"avois perdu, m'a levé & enlevé que petite partie de vous, & quelque mon voile, & ayJnt vu mes yeux tous goute de votre fang. Voili donc comme fondJns en fa~mes, mon vifage à demi cette ame royale ell plus là où elle ainie, mort, pâle & tranli ; & pu ce tri11e que là où elle anime. objet ils ont été contraints de lâcher à fa En fecond lieu, elle vous a pretfé de compallion ce que leur humeur infolente négliger ce qui étoit tout vôtre, pour ne pouvoir permettre de donner à la dif– J"expofer tour, &à tous vos fujets, pour crétion. Aulli-rôt qu"ilsm'eurentqbittée, témoigner ce grand effet, cet excès de je rencontrai cer objer. ce fujet le plus charité, qui ne s'attache ni ne s'attaque digne du monde: non, non, je le rien– poinr à ce qui lui app,rtient; mais corn- drai arrêté, afin que plus il ne m'échap– me l'œil qui voir tout fors que lui-mcme, pe , ie le tiendrai attaché par des liens vous avez voulu voir & pourvoir à vos indilfolubles de mon amour. Voi•ez , fujets, fans regarder à ce qui rouchoir SrRE, s'il vous plaît, comme elle dé– Votre Majellé. peint naivemenr l'humeur de fon bien- Un autre mouvement de cette pallion, aimé. Il relfemble, dit-elle, à la promp– qui en tout plein de merveilles' vous a rirude des chevreuils & petits faons de jetté dans cet enthoulilfme, ces heureu- biche, tant fes mouvemens font prompts, fes exufes, ces doux ravilfemens qui vous & doucement violens.Et qu'il nefoitainfi, ont emporté avec vitelfe aux delirs d'en- tour le monde fait que V. t.1. n'a P" plu– fanceraulJi-tôtquevous ave:r.conçu . l'vlais tôt éré née pour notre bien, qu'elle s'cll quoi ! c'ell pour produire les rffers, & trouvée armée pour notre confervation. nous faire voir & relfencir les heureux Yorre promptitude de courJge, & l'al– cxcès de votre amour extrême. légrclfe de votre cœur n'ell point allée à. Il ell donc vrai ce que difoit un an- pas mcfurés, mais elle a couru avec vî– cien, que l'amour ne peut fouffrÎl' ces tetfe à notre défenfe: en cette réfolution lon~s. If" ennuyeux rerardemens,, que la on a vu la valeur, les triomphes, les cou– célerite, la v1retfe, la promptitude aux ronnes, les buriers, & les p2lmes entrer delirs & aux aétions d'amour' en une en concert pour fervir d'ornement à vo– volupré : & de fair, lorfqu'il ell parlé en rre gloire. h fainte Ecriture de ce grand & incroya- Que l'antiquité publie tant qu'elle vou– ble amour du Saint-Efprit, de ce feu qui dra Ion Démétrius, qu'elle difoit avoir nous échauffe fans nous brûler, qui nous Jcquis tant de réputation par l'heur de brûle fans toutefois nous confommer; de fes viétoires, qu'on lui portoit des avis Ces éteincelles, (es brandons, (es ftam- l"un fur l'autre des villes qui fe rendoient mèches ardentes, de celui qui ne refpire, routes prifes, lorfque ce Prince vaincu ne couvre & n'enfante qu'amour; de cet par le fommeil, & furmonté par ce doux efpritqui produit plutôt qu'il ne conçoit, voleur de la meilleure pJrtie de notre vie, qui frappe plutôt qu'il ne parle, qui ne repofoir dans fa tente; Emilius rendit frappe jamais pour blelfer, qui ne blelfe route la Macédoine tributaire en moins jamais que pour guérir, il en dir que cer de vingt jours, & Caron emporta plus efprir fainr & gracieux ne peur endurer de villes en Efpagne, qu'il n'y demeura fes delfeins reculés, ni fes efforts & effets de 1ours. retardés. Mais qu'en-ce-là , Srn.E, au prix de En cela V. M. a imité l'humeur de ce que votre épée viétorieufe a acquis , l'époux au cantique, duquel l'époufe, emporté & ra\'i avec tant de valeur des l'ame fpiriruelle , route éperdue d'avoir mains de la fortune ? [lie vous avoit dé– perdu la préferice de fon Dieu, privée de robé tout, pour vous rendre tout, & fa vue, éloignée de (on amant, fe voyant avec ce tout elle s'en rendue elle· même: par cette abfence réduite à une défola- ce grand royaume qu'elle nepouvoit;;voir tion, elle fe plaint, s'écrie & fe !amen- ravi que pour augmenter la gloire de vos te, comme li elle difoit; j'ai cherché conquêtes, qui ne peuvent être bornées parmi la nuit (route troublée d'ennuis ) que par les feules limites de la terre ha– celui que mon ame aime tant, emportée bitable; bornes qui ne fauroicnr arrêrer par l'effort de ma pallion, je me fuis ex- vos delleins ni vos delirs, qui fe poulfe– pofée aux fâcheufes rencontres du guet, roient à l'infini, n'éroit que votre narure qui ;n' ai·mt trouvé à la recherche de ce eft finie. R ij http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr/ [YM-54-13] Corpus | Histoire de Provence
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