Recueil des actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France : Tome 13

,- 15 9 Remontrance de Monjieur de Yillars , 2 6'o R É p O N S E D U R 0 /. cem~nt violente, qui ie glilfant imper- 'A La vérité je rcconnois que ce que vous avez dit ell véritable; je ne fuis point auteur des nominations : ces maux étoient introduits devant que je fulfe ve– nu. Pendant la guerre j'ai couru où le feu étoit plus allumé pour !'étouffer; m~in­ tenant que la paix ell venue; Je ferai ce que je dois faire en temps de paix. Je fais que la religion & la jullice font le fon– .Jement & colonnes de ce royaume, qui fe conferve par la piété & la jullice, & quand elles n'y feraient point. je les y vaudrais établir, mais pied 1 pied comme je fais en toutes chofes. Je ferai en forte, Dieu aidant. que I' églife fera aulii-bien qu'elle était il y a cent ans : j'efpere en décharger ma confcience, & vous don– ner conteQtement; cela fe fera petit· à– petit: Paris ne fut pas fait tout en un jour. Faites par vos bons exemples que le peu– ple fait autant excité à bien faire, com– me il en a été par ci-devant éloigné; vous m'avez exhorté de mon devoir, & je vous exhorte du vôtre. Faifons bien vous & moi, allez par un chemin& moi par l'au– tre, & fi nous nous rencontrons fera bien– tôt fait. l\1es prédécelfeurs vous ont don– né des paroles avec beaucoup d'apparat, & moi avec ma jaquette grife je vous donnerai les effets : je n'ai qu'une jaquette grife, je fuis gris au-dehors, & tout doré au-dedans. Remontrance du Clergé de France , affemblé à Paris en l'année11fo5. faite au Roi Henri I Y. le f· dé– 'emhre 1605. par illujlrijfime & révérendijfime meffire Jérôme de f/ilfars, archevêque & comte de Pienne , aff iflé du cardinal de Joyeufe , & des archevêques, évê– ques & autres députés en ladile af– femhlée. s IRE, Ne font·ce pas d' ~tranges effets de nous voir mourir tous vivans, de voir <iu' éranr à nous, nous perdions la pof– fdlion & jouilfance que nous avons de nous-mêmes, voir les plus forts vaincus, les plus courageux domptés, les plus fer· me< ébranlés' & ce par cet:e paffion dou- ceptiblement dedans nos ames par des conduits que je ne peux exprimer avec les pacoles, que l'ame ne me fauroit en– feigner avec fes penfées, & que les pen– fées qu'un ancien difoit être le langage des Dieux, ne nous peuvent faire enten– dre. Mais ce qui m'étonne davantage • c'ell que cette paliion très-puilfante ne fe contentant point de fe voir toute couver– te, chargée & ornée de lauriers, cou– ronnée par tant de viétoires qu'elle a em– porté fur ce que Je ciel couvre, & le fo– leil éclaire, fans crainte de fe rendre cri– minelle de leze-Majellé, fans avoir égard à votre autorité fouveraine, qui fe lailfe bien modérer, non pas alfujettir aux ré– folutions d'un fénat, comme les anciens Rois de Rome; qui n' ell point gouvernée JJar l'autorité des éphores, comme les Rois de Lacédemone, ni contrainte d'or· donner ce qui plaît à un peuple muable, inconllanc & volage, comme les Rois de Perfe; ni fujette aux éleéteurs, comme les Empereurs; ni aux Palatins, comme les Rois de Pologne; mais qui tient fon autorité fouveraine de ce grand Dieu , duquel l'éternelle prévoyance a rendu cette couronne par fuite continuelle de fucceffion de fang, l'image vivante en terre de l'éternel gouvernement qu'il a au Ciel. Que cette Majellé fe trouve quaû vaincue, cette puilfance furmontée, cette force à demi abattue, & que cette ~af­ fion ait porté fon ambition jufques a ce point que d'attaquer cette ame rorale, ce premier né de l'églife; s'ell emrar«e de fon cœur, faifi de cet efpric vita , qui vous animant nous donne à tous la vie, pour le réduire à ce point, que de la ha– farder tant de fois aux douteux événe– nemens de la guerre. Et quoi qu'il faille que ce foleil , qui donne le jour à nos jours, & la lumiere à notre vie, prelfé par cette paillon, nous remette tant de fois aux hafards de nous faire fouffrir un ét~rnel éclipfe; alfujettilfant V. M. à des aétions defquelles elle ne s'ell pu plus heureufement défendre, que de s'y la11fer emporter & vaincre, jugeant, comme il ell vrai, qu'en cette feule & unique force de combatlevaincu demeure le vainqueur. S1RE, cette paliion vous a dérobé :l. vous-même, & fait que l'ame qui vous donne la vie , n'dl pas tant avec vous pour vous animer, qu'elle ell avec vos fujets pour les aimer co1nme vos e11fa11s, http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr/ [YM-54-13] Corpus | Histoire de Provence

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