Recueil des actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France : Tome 10

899 Des Droits du Pape dans la collatioll 900 loannts, diaconus, in no10int Dti tlee111.s reconn?itfent point de f~périeur: né~n­ moins il taut demeurer d accord, qu m– fenliblcment après l'empire de Conf· uncin, les empereurs d'Orient s'atcri· buerent le droir de confirme< le fouve– rain Pontife; & au rapport de Platine, dJnS l'a vie de Pélage II. Nihil tune à C!ero in e!igendo Pontiftct r.Z[/um erat, nifi IJUS eleétiontm lmptrato"r approhaffet. Ce· pendant il efi certain qu'alors & penJ dant cout le remps que cette confirma– tion s'ell pratiquée dans l'églife , les Papes ne lailfoient pas de gouverner _& d'agir dans route l'étendue de leur pmf– fance, du moment qu'ils étaient élus. Il efi vrai qu'au rapport de Bede. en ;irtendant lJ confirmation de !'Empe– reur , le Ponrife élu gouvernoit l'églife conjointement avec le grand archiprê· tre & quelques aurres perfonnes; mais Quoi qu'il en foir , cerce confirmation fufpendue ne fufpendoit point leur auto– rite. Nous lifons dans AnafiJfe le Bi– bliothécaire, que Pélage premier, dans la cérémonie même de fa confécration, fic deux chofes. Premiérement , il lit -une conlbrution contre les lirnoniaques: & en fecond lieu, il commit la charge des biens de l'églife ;\ Valentin, fon no raire. 13ede, Hifioire d'Angleterre, liv. l. <:hap. 19. dit que faint Grégoire érant élu Pape., on demanda fa confirmation à l'empereur MJurice; cependant il ne lailfJ pas d'exercer avant que de l'avoir -obrenue. Il n'attendit pas même fa con– fécrario.n, comme il ell marqué dans le canon, 11 nomine Dom;ni , dillinétion .1J. & ce qui ell: remarquable, ell, que perfonne ne voulue & n'ofa gouverner avec lui dans l'intervalle de fon élec– tion & de fa confirmation. On pourrait rapporter plulieurs au– rres exemples pour confirmer cette vé– rité ; mais il fuffira d'en ajourer deux, tirés , l'un de 13ede d1ns fon Hilloire d'Angleterre, & l'autre d'Anallafe le Bibliothécaire. Le même Bede , Hiftoire d'Angle· terre , livre l. chlpirre 19. ràppone ~ue Jean IV. n'étant encore qu'élu, l'crivir d,ux lettre~ aux Ecolfois , la ·premicre, touchant l'erreur- en laquelle ces peuDles étaient pour la célébra· tion de b Pâ.,ue ; & la reconde , con– cer:ia:11 l'hfrélie des Pélagiens. Ces lettres commeacent: par ces parole~; Adrian premier , die AnafiJfe le jour de fon éleltion, & à l'heure. même qu'elle fut faite, rappelh les juges & magill:racs de la ville que l'on avoie en– voyés en exil; il lie délivrer les prifon– niers, & cnîuire il reçut la confécration. C'ell: ainli que les Papes en ont ufé juf– ques à la lin du fepcieme liede; & dans tous ces temps l:i l'tleétion donnoit aux Papes la plénitude de la puilfancè. Il relle maintenant de faire voir que le cou– ronnement n'a point changé cet ufage , & qu'il n'J rien de commun avec le pou– voir abfolu qui a toujours accompagné la limple éleétion. Le couronnement ell: une cérémonie nouvelle , inconnue. dans les fept pre– miers fiedes. Saint Pierre n'a point reçu d'autre couronne que celle du martyre, éJ de martyrii candida laureu nzeliùs coro– nat11s do1iativum ''hrifii in carcereexpeaa.t, comme parle T ercullien , de corona mi– iitis. Il ajuuce, que jamais on n'a vu .d'ap<'.>tre, ni d'évangélifie, ni d'évêque qui f{ic couronné ; & parce qu'oh pou– voir obietècr la couronne de J. C. fic & tu corcnare, pourfuit· il, & licitum tft. Au!Ti ell-il vrai que le couronnement n'a rien de commun avec la puilfancc fpiriruelle ; c'dl une marque toute j)Ure de iOuveraineté te111oorelle. lit fignurn. fpirituaiium , dit le Pape Innocent III. Sern1. J· contulit mihi mitrJm; infignum temporJ/ium dedit mihi coronarn : mitram pro facerdotio, coronam pro rcino , & de· Li vient que cerce couronne ell: appelléc par les bons auteurs, regnum. Nous reconnoilfons deux qu3lirés en la perfonne des Papes, celle de pon– tife & celle de prince: comme fouve– rain Pontiîe il etl le chef de l'églife, il ell le pere des lideles, fa puilfance eft toute céle!le , fon empire efi roue lpiri– tuel. En cette qualité fainre, on ne peut alfez lui rendre d'honneur, de refpett & d' obéilfance ; tout ce qui porte le . nom de chrécieri lui ell: foumis ; les . peuples & les princes font gloire d'ob~ir au vicaire de J. C. mais il ne faut point de couronnement pour ce royaume Îpi- rimel. . Le Pape a une autre qualiré '· qm. e!1 celle de prince temporel en l_t•h.e : 11 a un état & un patrimoine qu'il nenr e_n .fgu,eraineté; & ,et état & 'c patn- http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr/ [YM-54-10] Corpus | Histoire de Provence

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