Guy Carron : Les confesseurs de la foi dans l'église gallicane à la fin du dix huitième siècle : tome second

( 563 ) porta la pointe de son sabre sur la bouche, en Je n1cnaçant de l'enfoncer, s'il prononçoit une senle parole. l\I. Robert se tourna vers le bourreau , le pria de recevoir sa n1ontre, en t~moignage du pardon sincère qu' il accordoit à tous ceux qui concouroient à sa n1ort. Puis, il lui dit qu'il avoit à lui den1rii1der une grâce qu'il le conjuroit <le ne pas lui refuser : cc C'est >l de 111c placer sur la gnilloti ne, de 111anière >> que j'aie Je visage en haut, afin de ne pas >> pcr<lre de vue le ciel dont je vais prendre » possession , et de voir veuir le coup qui » doit n1"en ouvrir l'entrée». L'exécuteur ne crut pas pouvoir déférer .à cette den1ande; et ainsi périt le vertueux n1issio1rtnaire Claude– Josepl1 Robert, le vendredi 24 janvier 1794, vers les trois heures du soir. Depuis rinstant où il avait annoncé' aux prisonniers l'heure de sa n1ort, ils étoient restés in1n1obiles et absorbés dans leur douleur. Aucun n'avoi~ proféré une seule parole. l\fais à la n1ên1e heure, au n1ên1e instant, tous se sentirent soulagés du poids qui les oppressoit; tous, d'une voix unanin1e, rccon1n1cncèreut le chant de leurs cantiques, et tous de111enrèrent per– suadés que ce changen1ent subit c:!.·t-"'~~~ l. e-Médiathèque | Histoire Provence | YM_74 (2)

RkJQdWJsaXNoZXIy NDM3MTc=