Guy Carron : Les confesseurs de la foi dans l'église gallicane à la fin du dix huitième siècle : tome second
( 541 ) avec une gibecière qui contenait un peu de linge. En suivant la grande route de Bà.le à Strasbourg, le pieux voyageur passa sans dif– ficulté la première vedette françoise; n1ais, arrivé au village de Saint-Louis, qu'on non1- n1oit alors Bourg-libre, il eut ordre de n1on– trer son passe-port. Tandis qu'on l'exa111inoit, des gardes fouillent sa gibecière, y trouve11t un diurnal et un bréviaire qu'il y avoit cachés; ils co1n1nuniquent leurs soupçons sur la pro– fession de l'étranger, que l'on conduit aussitôt et sous escorte à Huningue, où se trouvoit. une con1111ission fort sévère, et chargée d'exa– miner ceux qui passaient. Dans rinterroga-- · toire que l'on fit subir à M. Bernard, il dé– clara d'abord qu'il étoit prêtre déporté, et qu'il désirait rentrer en France. Sur sa dé– position, il fut , à . l'instant n1ên1e, ]j vré en– tre les n1ains de la gendarmerie, et conduit à Cohnar, chef-lieu du départe1nent du Haut– Rhin, et siége du tribunal crin1i.nel. Dans ces j"ours d'affreuse mémoire, il n'y avoit d'autre formalité requise , que celle <le constater l'i– dentité de la personne; et le procès du con– fesseur de Jésus-Christ ne pouvoit pas être long. Il f1.1t de suite jugé, et coudan1né à périr e-Médiathèque | Histoire Provence | YM_74 (2)
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