Guy Carron : Les confesseurs de la foi dans l'église gallicane à la fin du dix huitième siècle : tome second
( 287 ) recon1m.andoit aux prières de ceux pour le sa– lut desquels il avoit consenti de s'éloigner. Nous ne pouvons donner une plus haute idée de son an1our pour ses fonctions aposto– liques, qu'en racontant le sacrifice l1éroïque qu'il fit à ce sentin1ent. Sa vénérable mère, qui l'ain1oit avec une extrême tendresse et qui l'ho– uoroit con1me un saint, frappée d'une n1aladie dangereuse, vouloit rendre so11 dernier sou– pir entre les n1a'ii1s de so11 fils; niais sa pré– sence dans une mission ouverte étoit indis– pensable ; il étouffe Ja voix de la nature, pour . n'écouter que celle du devoir, s'arrache cles bras de cette n1ère expirante, l'objet de ~s plus vives ~omn1e de ses plus chères affec– ~ions, et se livre :1 de pénibles travaux, sans que le souvenir continuel des souffrances et «;les ~ngoisses de celle à qui son cœur ~ voué ta11t d'aJuour, altère un seul instant sa paix el sa sérénité. C'est avec une résignatio11 sans bornes, c'est avec un courage héroïqu~ C(u'il apprend la nouvelle de sa i11ort. Quelle épre~ve pour une a111e d'une excessive sensibilité, et iurtout pour un fils qui chérissoit si tendre– n1ent celle qui lui donna le jour I Ne nous éton.nous poi1Jt de cette fern1eté d'ame; J~ e-Médiathèque | Histoire Provence | YM_74 (2)
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