Recueil des actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France : Tome 13
'l,J· Ev~que d'Avr11.nche1. M. DC. X. 194 forte que de norre abondance ell pro- fervera à jamais, & ne permettra qu'il cédée notre iniquité, & au lieu que les foit féparé & divifé à plufieurs. aftlilHons palfées nous devoient donner Mais ce qui nous a plus confolés en l'entendement pour rechercher les re- ce malheur, ell, qu'en <ctte nuit de té– mcdes propres à nos maux; nous fom- nebres & affiiétions, auffi·téit après no– mes par un endurcilfement à notre ire foleil couché, ce bel afire de la lune mauvaife habitude , tombés en l'infenfi- a commencé à paroître, laquelle les bilité, mere du vice & nourrice du fom- Egypiiens ont égalée au foie il, co1nme meil; & ayant été rebelles à la lumiere, n'ayant moins de puilTance & de venu nous fommes venus à un entier aveugle- fur les corps inférieurs. C'en vous, ment, Ile avons cheminé dan• les té- GRANDE PRINCESSE , belle clarté de nebres, comme fi nous euffions été en notre hémifphere, & notre allre domi· pleine clarté. nant, qu'à bon droit nous pouvonscom- Ce que voyant notre Dieu, la jufiice parer à la lune: car tout ainfi que la ver· duquel ne lailTe rôt ou tard rien d'im- tu & la force de la lune en telle, qu'èlle puni, a châtié notre ingratitude, ver- blanchit la plus gr_ande noirceur de la fant autant de <lifgraces fur nos têtes nuit, colore & éclaircit fes rénebres plus qu'il y avoit épandu de faveurs: il nous épailfes, & parmi Ces plus trilles obfcu· a privés comme créatures indignes , de rités rend la face de la terre gaie, guide la caufe de tout notre bonheur, & de les pélerins & voyageurs parmi les ce tréfor inefiimable que nous polfé- frayeurs & horreurs de la nuit, fair fa cl ions , retirant à lui la perfor.ne de ce courfe, marche & travaille pendant que grand HENRI, pere de la France, prince toutes les autres créarures repofent; & plus généreux que tous les Céfars, plus comme l'œil du Ciel, & la fentinelledu clément & débonnaire qu'aucun autre monde, prend garde & a foin de tout ce que le foleil ait jamais fait voir fur nos qui en ici bas. conduit les autres afires terres; duquel qui ne fait les rares & comme leur Reine & maîtrelTe, & tient admirables venus, ignore tour ce qui par fa prudence tous les élémens con– efi au monde. La France en a reçu une traires en un bel accord & humonie, le merveilleufe fecoulTe, & a été ébranlée foleil lui ayant quitté fa place à fon dé– jufques au p~d de Ces fondemens; mais part, & laiffé fa clarté , fa force, fa vi– au milieu de Ces alHiétions, & de l'éton- gueur & Con influence pour dilTiper les nement d'une fi lamentable perte, arri- ténebres qui arrivent par fon abfence: vée par un tant funelle & étrange acci- de même vous, GRANDE REINE, après dent, la bonté de Dieu a retenu Con le décès du feu Roi , vrai foleil de la bras en l'air, & a eu pitié de nos mife· France, avez ralTerené la face de ce res, nous ayant voulu châtier, & non royaume défolé, l'avez confervé en Con pas perdre : ainfi difoient les anciens être, & y avez maintenu coures chofes poëres, que leur Jupiter prêt d'élancer en p1ix, retenant tout en fon ordre·&: fes foudres, avoit •rrêté Con coup pour fon devoir par votre prudence, magna· donner de la rofée aux humains. nimiré & vigilance, jufques i ce que ce Ce grand arbre dont parle ce pro- foleil renailfanr, encore faible, ayanc phete, qui touchoir de Con Commer juf- plus de vertu & de vigueur, unilTe fa for– ques au ciel, à l'abri duquel tant de ce & fa fplendeur à la vôtre. C'efi notre créatures étoient à couvert, & y pre- Roi Louis XIII. votre fils, àuquel les noient leur repos , qui étendait fes ra- jours puilfent être longs & heureux, Ces meaux fi loin' en tombé tout à coup; aétions autant pleines de couuge ' de mais Dieu a voulu qu'il en foit demeuré douceur& de clémence que cd les de fon un rejetton, qui égalera quelque jour la pere; & fa vie aurane rcligieufe que celle grandeur de fa tige , donnera les mêmes de S. Louis, tige de fa race, vrai miroir ombnges' produira les mêmes fruits, & & exem(ll~ire pour y former toutes res empêchera que nous ne relTentions aétions. Nous avons occafion de l'efpé– l'dfet de ce proverbe grec, qui dit, rer,voire mêmed'enprendreunecerraine Que l'arbre abattu , chacun coupe les alfurance, voyant fa jeunelfe conduite branches. par les prudens & fages avis de V. M. Emre routes les fleurs de fa terre, dit que.nous fuuplions enco.re de rnures les Efdras, Dieu a 'hoifi un ly9:; qu'il coo· puia'ances :de no.s ames, de veiller ~11>11 T ij http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr/ [YM-54-13] Corpus | Histoire de Provence
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