Recueil des actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France : Tome 13

.14 t" Evtque du Mans. commife par le Fils Je Dieu à S. Pierre & à fes autres apôtres , & , en leu_rs pe~­ fonnes à leurs fuccdfeurs a ce famt m1- 11iflere , pri\'Jtive111e11t JUX at1tres ~ ayant voix contre & par-delfus quelques régie– mens gémiraux qu'ils avoicnt pris, &qui n'el1 aucunement fupportable, commet– tent µerfonncs pour admettre les réfigna– tions des bénéfices , & en donner c_ol– lations, bailler difµenfes d'en tenir plu– lieurs ; abfolutions & difpenfes d'irré– gularités, contrats de mariage en degrés défendus , & plufieurs autres graces qui font réfervées à Notre Saint Pere ; ce qui ne fut jamais·vu ni pratiqué en ce royaume , & el1 contre les loix & conf– tïtutions canoniques , & même contre le droit divin , au grand dommage & ruine des ames de vos fujets. Nous avons imploré votre autorité royale, pour rendre à !' églife de Dieu ce qui lui appartient , & vouloir déclarer ces en– treprifes ne devoir être faites , les ré– voquer , & calfer ce que par icelles , & en con[équence d'icelles a été fait. Et ce que demandons ell fondé fur la parole de Dieu, lJquelle veut qu'on ren– ile à Céfar ce qui ell à Céfar, & à Dieu ce qui etl à Dieu. Nous en avons fait intlance à meffieurs de votre confeil , & en ayant conféré avec eux , voyons qu'ils tiennent notre demande julle & raifonnable. Néanmoins pour certaines confidérations ont différé de nous ren· dre cette jutlice , & nous remettent i une alfemblée que Votre Majetlé a dé– libéré de faire pour avifer aux affaires du royaume. Cependant les entreprifes fur l'autorité de l'églife ont leur cours & force , l'offentè faite contre Dieu & fes ferviteurs dure, & les mal pourvus aux bénéfices jouilfent, prenn~nt les fruit&, & vos fujets n'ont de légitimes patleurs. Il etl à craindre que Dieu offenfé de routes ces remifi:s en ce qui etl de fon honneur & fcrvice, ne differe de nous faire à favoir aufli fa miféricorde & bonté , & C1Ue cela n'entretienne nos guerres & divilions , & empêche que l'obéilfance due i V. M. ne lui foit ren– due. c· ell ce qui nous fera plus hardi– ment l'approcher, & fupplier avec toute intlance, à ce qu'il lui µlaife ne remettre plus, ni différer ce qui en tant nécelfaire a ce royaume, tanc commode & utile à tous vos fujers , & tant propre pour vous apponcr honneur & grandeur. • ' M. D. XCVI.' Les bons confeils, difoit un ancien • fe doiveilt exécuter i)romptement , fur tout en ce qui eil de l'obéilfance, hon– neur & refpeél: que devons à Dieu, fans, l'aide & faveur duquel les autres affai– res ne pe.:vent bien fuccéder. Tout temps en proµre µour exécuter ce qui cil de fon fervice ; ces guerres ne font excufes fuf– fifantes. En fc défendant d'une main con– tre les ennemis, l'on peut batir de l'aucre les murs deJérufalcm: une partie du peu– ple peut veiller contre les ennemis , & l'autre édifier le temple , comme difoit Efdras: Pendant que vos capitaines & gens de guerre font occupés i ce qui efl: de leur profeffion, & combattre vos en– nemis, il n'y a pas faute de perfonnes de qualité & fuffifance, qui manient ces ar– mes matérielles, pour fous votre auto– rité , & par votre co1nmande1nent , avi.. fer à cc rebàtiment de la faintc cité & églife de Dieu. Ce dernier n'empêchera. point le premier ; au contraire y appor– tera de la commodité, & y donnera meil– leur fuccès , Dieu ayant foin , & faifant vos affaires quand vous aurez foin de faire les fiennes. Outre ces intérêts généraux de tout le royaume, au rétablilfement de la dif– ciplinc en notre ordre , nous avons à vous repréfenter un particulier & tempo– rel, qui vous ell en quelque chofe com– mun avec nous. Vous delirez être fecou– ru de nous i vos affaires , & que des commodités temporelles que Dieu a don– nées i fon églife nous aidions les dépen– fes qu'il vous faut Cupporter pour la con– fervation de l'état. Nous delirons y faire notre devoir , & donner tout contente– ment & fatisfallion à V. M. mais il nous fera dorénavant du tout impoflible, guel– que bonne volonté qu'ayons , fi on hilfe ainfi décheoir notre ordre, & n'efl:· pourvu à fon rétabli!Tement par cette ré– formation, & fi ne Commes maintenus en nos droits. Les bons réglemens qui étoient an– ciennement en l' églife , la piété, doétri– ne, & bonne converfJtion de nos prédé– celfeurs, le devoir qu'ils faifoient en leurs charges , inlhuifant le peuple de paroles & exemµles, ont acquis à notre etat des biens & coinmodités temporelles a!Tez abondamment & largement , defquels fans fe défaccommoder beaucoup , fans <liminution de ce qui étoit nécelfaire pour l'encretenement du divin fen~e & nour~ • • http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr/ [YM-54-13] Corpus | Histoire de Provence

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