Recueil des actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France : Tome 13

1 3 1 Remontrance de Monfieur /' Angeliet; 1 31 celfaire, pour avec l'honneur de Dieu, !oit que les autres Empereur! ou n'euf– donner encrée à quelque bon récablif- fent prudemment entrepris cette affaire, fement d'ordre en votre royaume, qui ou bien qu'ils y euffent procédé par dif– autrement fe précipiteroit en confulion fimulation. & ruine à l'occalion de la diverlité de S11\E, Dieu vous ayant donné Je vou– reli~ion , éunt chofe affurée qu'il n'y loir & le pouvoir pour faire exécuter a pd1e plus pernicieufe à une répubh- votredit édit , _& la prudence & la ra– que , que quand ks hérétiques occu- geffe pour y bien procéder, ne faut dou– pent les églifes : car où J'héréfie efl en ter qu'en aurez la raifon, quelque force crédit , efl très-certain que fi elle fe que les rebelles hérétiques vous pour– fenc force, ne faudra jamais à maltrai- raient oppofer, lefquels ne pourront fub– ter la religion catholique, & enfin l'ex- liUer devant vous, comme en ordinaire– terminer fi elle en a la puiffance. La ment avenu, où les bons Princes ont pris Grece l'a affez expérimenté en tous les les armes pour la querelle de Dieu, ma– temps où elle a éce commandée parEm- nutention de la vraie religion , défenfe pereurs hérétiques ; & nos voilins en de J' églife & de leur état. Ecaffe, Angleterre, Allemagne & autres Tel fuccès eut en Efpagne le Roi Re-. pays circonvoifins , nous en donnent caredus, Gothique de nation , lequel à par trop de preuve & exemple, afin que la fualion de Léandre, évêque de Seville, prenions garde à nous. & du bon abbé Eutrope, depuis évêque Ce qu'étant bien conlidéré, l'on ne de Valence, ayant fair publier un édit , doit trouver étrange ce que vous avez par lequel il vouloir que l'arianifme frît ordonné par votredic édit, fpécialemenc abjuré , & que la feule religion catholi– contre les obUinés : car ayant offert à que fi1c exercée ès Efpagnes, toute au– cous les dévoyés grace & bon traitement tre ceffanc, emporta le deffus, quelques s'ils fe veulent réconcilier à J'églife; que oppolitions & violences que filfent au peut-on reconnaître en ceux qui demeu- contraire les Ariens, qui pour la plû– rent obUinés , finon une maligne perl"Ï- parc occupaient cette région, & ne per– cacicé , qui en la fin produit des effets mie aucun réfider en fon royaume qui ne très-pernicieux, & reis que l'on a tou- ftît catholique. jours ex_périmenté aux hérétiques opiniâ- Toutefois , S11\E , je vous avertirai tres ? Car la douceur & lénité des prin- qu'il ne fuffic que votre caufe foie bon– ces ne profite en telle obUination, & ne ne; que ju!1ement vous entreprenez une leur ap?orte amendement, comme die fainte guerre pour l'extermination de Nazianzene; au moyen de quoi non feu- l'hérélie : fauc conlidérer que Dieu per– Jement par autoritc eccléfi.ill:ique , la- mec J'hérélie, non feulement pour pu– quelle ils méprifenc, mais par coercition nir ceux qui font hérétiques, car l'hé– du Prince ih doivent être chatiés. rélie e!1 aux hérétiques peine & puni- Refle fcu!e:nenc l'exécution, laquelle, tion ; mais auffi pour par les héréti– S1RE , ne vous fera impoffible , fi vous ques châtier les catholiques qui croient le voulez , comme nous fommes affu- bien , & fuivent la vraie religion , rés que telle cil votre volonté. mais pour énormes péchés irritent Dieu, L'Empereur Andronicus fit un édit & font par leurs œuvres blafph~mer tri:s-rigoureux contre les communes qui fon faint Nom : qui ell la caufe pour– pilloient Je bris de ceux qui avaient fait <JUoi les hérétiques, les infideles & les naufrage en leurs confins. Aucuns fei- ecrangers ennenc i:s terres des catholi– gneurs de fa cour lui difoient qu'il per- ques , gâtent leurs pays ; pillent leurs doit temps, & que par fa loi il ne pou- biens , & obtiennent grandes viétoires voit empêcher tel excès & ravage, d'au- fur eux. tant que le mal étoic trop invétéré: mê- Salvian, évêque de Nfarfeille écrit , me que les Em\)ereurs précédens n'y que pour cette caufe les Goes & Wan– avoienc pu rien faire par leur autorice. dales hérétiques obtenoient tant de En foupirant du profond de fon cœur, vitl:oires contre les Gaulois, ores qu'ils ledit Andronicus leur die qu'il n'y a rien fulfent catholiques. qu'un rmrere>ir ne puilfe corriger , & Charles-le-Chauve , en une alfem– qu'il n'y a ddit. qui par les forces d'un blée de fes états qu'il tcnoic en la ville. Empcr~ur ne pu:!Te être puni : qu'il fa!- de Poi!Ty, l'an 869. teconnut fa cJufe http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr/ [YM-54-13] Corpus | Histoire de Provence

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