Recueil des actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France : Tome 13

19 , Remontrance de M. Péricard, '3.:10 fiquent & fafTent marchandife, ou bien qu'ainli eil, que celui qui donne la caure qu'ils les bJillent à garder à de miféra- au péché, ell: autant coupable que celui b!es conlidentiaires , qui fe damnent qui le commet; quand le Roi, ou vous, pour le profit d'autrui, & fe chargent, MADAME , vous IaifTez furprendrc à comme ces viétimes dévouées, des pé- donner de telles réferves, vous mettez chés des autres, & cependant dèsho- le Calut de vos ames en grand péril, & norent l'églife & ie miniHere, & lui cela furpafTe trop la libéralité, qui ne apportent un fcandale & préjudice ex- fe doit étendre que jufques à ce qui fe uême , en ce que fe remplifTant par ce peut faire vos confciences fauves. Ce moyen de perfonnes baffes, viles & mer- n'eft pas, MADAME, que nous voulions cenaires , elle tombe en mépris & en fermer la porte à la noblelfe pour par– opprobre. venir aux bénéfices & dignités eccléliaf- Ce péché de limonie eft l'un des plus tiques, & les frulher des juftes récom– exécrables devant Dieu , direétement penfes que méricent les fervices qu'eux contre le S. Efprit, lequel )'écriture ap- & leurs prédécelfeurs ont rendu à cette pelle lépre, d'autant qu'il infeéle non couronne; car au contrJire nous fup– fenlement ceux qui en font tachés, mais lions très-humblement le Roi & V.M. aulii coute leur race & polléricé; &mê- de les préférer à tous >Utres, comme il me la punition tombe fur les royaumes a été fait du temps des éleétions, parce où elle eft tolérée; & S. Grégoire exa- que la vérité eft, que c'ell le bien , le gérant ce péché, dit jufques-Jà, qu'il eft fupport & l'appui de l'églife; mais nous plus grave que celui qui cil commis con- delirons qu'ils [oient de la profeliion ec– rre nature, d'autJnt que la graceeft plus cléliaftique, & s'en rendent capables. excellente que la nature. comme Dieu merci , nous en voyons Quant à la confidence , Ilidore l'ap- aujourd'hui un bon nombre aux univer– pelle fort à propos une nouvelle alchi- fi tés de ce royaume, defquels nous ef– mie, parce que contre le naturel des pérons un jour un grand fruit en l'égli– mécaux on veut par icelle mêler le mer- fe; mais on y en verra encore bien da· cure avec l'or, c'eft-à-dire, le fpirituel vantage, quand V. M. aura pris cette avec le temporel; chofe du cout impof- réfolucion ferme & conllante de ne don– fible, ne pouvant jamais avoir aucune ner plus les bénéfices qu'à perfonnes di– )iaifon enfemble. gnes & de la robe, & que vous aurez Nous vous fupplions donc très-hum- ôté J'efpérance à la noblelfe d'en jouir blement, MADAME, de bannircesdeux par autre moyen; retranchant aulii cc pelles de ce royaume, & ne permettre nouvel ufage de penfions laïques , qui que !J mJifon de Dieu foit une maifon feront caufe avec le temps que les gen• de trafic & négociation, de peur que cela tilshommes ne fe voudront plus mettre à. n'attire enfin quelque gr•nd malheur fur l'étude, nife faire ecclélialliques, puis cet état. qu'ils auront moyen fans cela de tirer de Il y a un autre abus fort dangereux, la commodité des biens de l'églife. duquel nous avons à nous plaindre : ce Nous avons encore une plus grande font les réferves des bénéfices de per- plainte à vous faire, MADAME, & qui fonnes encore vivantes, lefquelles on nous touche davantage au cœur, y allanc feint & fuppofe le plus Couvent être ma- de la ruine entiere de la difcipline ecclé– lades, alin d'avoir prétexte de demander fiallique; c'eft que quelque bonne vo– leurs dépouilies, & acquérir fur icelles lonté que nous ayons de faire nos char– iJn droit d'hypotheque, afin d'ôter le ges & nos fonétions, & régler les abus moyen & la liberté aux titulaires d'en qui font en nos évèchés, il nous efi im· JJOUvoir diCpofer avec la permiliion du poliible de les elfeétuer, ayant les mains Roi, ce qui el! non feulement contre la liées & comme perclufes , à caufe des charité chrétienne , mais contre la fo- obftacles & empêchemens que l'on nous ciété humaine, induifantà delirer il mort donne; de forte que l'églife n'eft pas feu– de fon prochain, & même à l'avancer lement afttigée de ces deux grandes ma· quelque~ois l?ar li11i!lres moyens; & tous ladies de pefte & de lépre, dont j'ai parlé ceux qui obnennenc telles réferves, font à V. M. mais a111Ii de la par.1lylie, qui en perpétuel péché mortel, fouhaitant rend fes membres du tout inutiles, lie ruujo-urs la mort d'autrui : or puis fans aétion ni exercice. Ce mal pro- ,. http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr/ [YM-54-13] Corpus | Histoire de Provence

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