Recueil des actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France : Tome 9
J ;47 Des aliénations du temporel du Clergé, 1348 X X V. Pratejlation faite le 22. février 1577. par la 'hambre e,c/éfirjlique des états généraux, tenIJs à Blois audit an , 'antre les aliénations du tem– porel du Clergé, & les nouvelles impojitions dont il était fur,hargé, & pour la 'onfervation de fes im- . , mIJnltes. A Uiourd'hui vingt-deuxieme jour de février l'an 1 577. nous cardinaux• archevêques, évêques, abbés, doyens, prévôts , archidiacres , tréloriers & au– tres dignités, chanoines, prieurs, curés & autres bénéficiers , féculiers & régu– liers, tant députés des diocefes & Cler– gé de France, pour l'état de l'églife, en J'Jlfemblée des états généraux, qu'au– tres, nous trouvant en cette ville de Blois, congrégés en la chambre capiru· Jaire de l'églife collégiale de faint Sau– veur , pour le foulagement de ce royau– me, foutien & confervarion de l'état ec– cléfiaflique, à l'honneur de Dieu, gran– deur & autorité du Roi, & décharge de nos confciences , avons fait la préfenre déclaration Ill protellation en la forme & maniere qui s'enfuir. Parce qu'il n'ell en façon quelconque licite ni tolérable de voir fi Couvent em– ployer les biens eccléfiatliques, & ce qui de fi long-temps avoit éré dédié à Dieu & légué à fon églife, à autres ufages que celui auquel lefd. biens font dellinés par difpofirion de droit divin; & davantage. nous voyons par expérience , outre les cenfures & peines de droit portées par les faines décrets, que d'ailleurs tels biens font non feulement inutiles pour ceux qui s'en font voulu fervir par telle voie , ou fe les approprier , mais aulli grande– ment pernicieux & dommageables à eux & au bien & fucc~s de leurs affaires, Pour ces conlidérations. & plufieurs au– tres , nous , fuivant la très-humble re- . quête portée par le cahier de nos remon– trances. tendante à ce que le Roi, par la ftnguliere affetlion qu'il a à l'honneur de Dieu , ne per1nerre pour quelque caufe .ou occafion que ce foir, qu'il loir doré– navant, & po11r le temps à venir , pris & levé aucune chofe, tant für les meubles & fruits des eccléliafiiques de fon royau– me, que fur les immeubles, terres & hé– ritages à eux donnés & délailfés, ou par eux acquis & achetés, & généralement fur tous & chacuns les biens appartenans auxdits du Clergé, comme étant de foi inaliénables , & hors de tout commerce des hommes. cenfés & réputés le vrai domaine des eccléliatliques & de fon églife , avons déclaré & déclarons , que pour notre devoir & fureté de nos conf– ciences, avons avifé enfemble. & tous d'un commun confentement , & nous nous femmes donnés les uns aux autres la foi au nom de Dieu & de la fainre Trinité, & avons juré & protellé. ju– rons & proteltons , chacun pour fon re– gard , en qualité de députés • & encore chacun fe faifant fort pour fan diocefe. auquel ils feront jurer, tant en général qu'en puticulier , ratifier le même, li befoin etl , tous unanimement & con– jointement, en adhérant aux privileges de l'Eglife Gallicane, confirmés par plufieurs ordonnances & arrêts de la cour de par– lement de Paris , & remontrances Couvent fur ce faites; en enfuivant aulli l'exemple des bons évêques anciens de ce royaume, qui ont maintenu & gardé parmi plufieurs perfécutions lefd. privileges , au temps des Rois Louis-le-Gros & Louis-le-Jeu– ne, fon fils, Philippes-le-Bel, Charles VI. & Louis XI. s"étant acquis en ce grande louange , & montré un courage invincible & très-généreux ; faifant pa– raître combien ils defiroient plutôt plaire à Dieu feu! ; qu'être agréables aux hom– mes , de faire tout ce qui fera en nous , & de nous oppofer. fi befoin en, à toute maniere de gens qui viendront au con– traire , par interdiltions publiques , ex– communications • cenfures eccléfialli– ques, & toutes autres voies légitimes qui nous font permifes & ordonnées de droit. Et toutefois pour montrer clairement de quel zele & affeltion les eccléfialliques embralfent le bien de cette couronne, & comme nous femmes prompts & difpofés à la fecourir en fes grandes & imporran· tes affaires. n'entendons que fi à l'avenir fe préfenroir quelque légitime & jutle oc· cation pour la confervarion de cet état , mêmement que pour la défenfe de la r~ ligion catholique, apotlolique & _roma1; ne, l'on fût contraint, après avoir rente tous les moyens , avoir 1ecoun auxd11s http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr/ [YM-54-09] Corpus | Histoire de Provence
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