Auteur : Recueil des actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France. Tome 4 : Des ministres de l'Eglise qui sont réguliers
1 55 5 De.r Miniflres de l' Eglifa 1 5 ! ~ d'un appel côtnme d'abus, interj.ett.é par D'aille.urs, dans quelle im_poffibilité fe un chevalier d'une procédure enmmelle trouveroient les pauvres fUJets du Roï faite par le 'chapitre provincial de 1' or- .d'aller demander à Malte la juilice qu'il~ d.re : c'eil: l'arrêt dont nous vous avons n'auront pas reçue des grands prieurs de àej 1 parlé , ~ ~'année pré.c~dente ~a l' o~dre dans 1~ royaume ? Et peut - on cour fans avoir egard au pnv1lege pre- voir un exemple plus fenfible de ce mal– tenot: par Je 1 che~~lier ~e .Ro,9uelaure , ~~u1: & 1 plus digne de compaffion , que avait ordonne qu 11 fub1ro1t 1mterroga- l rnt11nee. toire. Encore s'ils s'étoient contentés de de- Ce font-là, Meffieurs, les véritables m•nder qu'on leur renvoyât un de leurs exemples qui doivent décider cette eau- religieux, pour le punir fuivant les peines fe, & qui doivent fervir de loi , puif- établies par les Hanits de l'ordre , & l'a– qu'i ls font conformes au droit commun; bandonner enfuite au bras féculier, s'ils & quand b caufe devrait fe déciàer par ne pr~tendoient que les m&mes privile– les préiugés, un feul de ces derniers doit ges dont on laiffe jouir les eccldîafiiques prévaloir à tous les autres qui y font con- & les autres religieux, en les renvoyant à. traires. leur évêque ou à f on official, peut-être Après cet examen, nous finirons cette auroit-on pu les écouter plus favorable– premiere partie de la caufe, par deux ré- ment dans une prétention qui ne bleffe– :flexions qui peuvent être très -impor- roit point effentiellement l'ordre de la tantes. jufrice du royaume : mais d:ins les cir- La premiere eil tirée de ces mêmes conihnces où ils la foutiennent, nous ne exemples d'impunité plutôt que de juf- croyons pas que l'on doive l'écouter ni tice, que l'on voit dans le recueil du déterer à des prétentions de telle nature. fieur Defcluzeaux. En effet , que peut- En cet état, vous voyez où la caufe des on penfer quand on voit qu'en 1467. un chevaliers de Malte eH réduite. Ils allé– chevalier nommé Thomas , convaincu guent une exemption , mais ils ne rap– d'avoir coupé la gorge i un autre cheva- portent point de titre formel pour l'éta– lier, eil: fimplement condamné à demeu- blir ; ils prétendent la foutenir par la rer prifonnier ; qu'un commandeur de poffelllon, & cette même poffeflîon les Torchefallon, convaincu d'unnomicide, condamne; & quand elle ferait autfi-bien l'eil à demeurer un an dans un château, juHifiée qu'elle nous paroît ne l'être pas, a.: à y faire quelques jeûnes & quelques nous croyons pouvoir dire qu'elle feroit prieres? Et n'eil-ce pas autorifer fes cri- abufive , que les fonélions de notre mi- 111es, que de condamner les coupables en niH-ere nous obligeraient toujours de ré– des peines fi légeres ? clamer contre de tels exemples , que Nous conviendrons, fi l'on veut, que nous ne remplirions pas nos devoirs, fi ce font à peu près les peines les plus fé- nous n'implorions votre zele & votre au– véres que des religieux puiffent pronon- torité dans une affaire qui intéreffe auffi c.:er. Mais que deviendra la vengeance fenfiblement l'ordre public & les droits publique ? Et pour maintenir les privile- de la couronne. Enfin , nous craindrions ges d'un ordre, renverfera-t-on la poli- juil:ernent, avec la cenfure des viv::ins, les ce & la sûreté publique , fi néceffaire à reproches fecrets de ces grands hommes la tranq:Jillité du royaume ? Y abolira- qui nous ont précédé dans notre minif– t-on les loix les plus facrées? Travailfe- tere , fi nous abandonnions ces maximes rons-nous inutilement ,à faire puni~ les· qu'ils ont établies, & fi nous ne fuivions crimes, pendant que l on en tavonfera p::is, aut::int que nos forces nous le peu– à'ailleurs l'impunité? Et lorfque les au- vent permettre, les exemples qu'ils nous tres fujets du Roi perdront la vie pour ont donné. un vol domeilique d'un écu, ou pour ce- Iviais quand on voudrait fuppofer P?ur lui qu'ils auront commis fur un grand quelques momens que cette prét~ntJOn chemin d'une chofe auHi légere , les af-: .auroit un titre plus folide , ce fe~oit ~n faffinats commis par des religieu" ne fe- core une grande quefiion de fav~_u fi ,1 °.n ront punis que par quelques jet1nes & par devroit y avoir égard, lorfq~ il s agit quelques prieres, & ils déshonoreront d'un crime auffi grave que celui dont on -:iinfi en tant .de manieres l'éclat & la di- accufe l'appdlant. Et fans ':eus rappor– gnité de leur ordre. ter tous les dé.crets des conciles f UI cette e-Médiathèque | Histoire Provence | YM_054 (04)
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